Billets Analogues

Rien...

Typologie des connards du Web

(Trimtab accueille Pingoo dans le cadre du Guest-Blogging de janvier 2011)

Bon, quand l’autre con de Natas m’a proposé d’écrire un truc sur son blog, j’ai pas vraiment hésité… L’un dans l’autre (si je puis dire), je l’aime bien son blog, il est équilibré. Entre les articles rigolos, les articles méchants mais qui sont cool, les articles chiants qui veulent rien dire, et le reste… Disons qu’il y’a de quoi s’y divertir.

Après la question se pose du sujet à aborder. Essayer de trouver un truc vaguement dans la thématique, sans être trop chiant, et sans dire trop de conneries.
Dire de la merde chez soit c’est une chose, ça n’a rien de gênant, on a notre lectorat qui bouffe tout ce que tu racontes, et basta. Par contre quand t’es invité chez le voisin, faut un peu bomber le torse poser sa voix, et tenter de se faire passer pour quelqu’un de pas trop con…

Et bien tiens, on va jouer sur ça tiens. Comment pécho sur l’Internet, en jouant sur son personal branding (et assimilé). Ceci s’adresse en particulier aux mecs. Ce sont les garçons de l’internet qui ont du mal a pécho. Les filles de l’internet n’ont pas du tout ce problème là en l’occurrence.

Plusieurs axes possibles, l’idée finale étant donc, vous l’avez compris, de susciter chez vos lectrices (de blog, de twitter, de facebook et ce que vous voulez), l’irrésistible envie d’abuser de votre intégrité physique. C’est parti.

1- Faire de l’audience.
Je vous préviens tout de suite, c’est ce qui marche le mieux. Prenons un cas au hasard. Disons « moi ». Jetez-moi dans la soirée annuelle de remise de prix des meilleurs bouchers-charcutiers du Tarn, faites moi traverser la pièce. Aucun doute, personne ne m’adressera la parole.
Maintenant, prenez une soirée avec des gens de l’Internet, et voyez moi traverser cette pièce avec mon mini-burger plein de gras et mon tee-shirt « Google Analytics is my homeboy », vous verrez qu’arrivé au bout de la pièce, j’aurais une bonne demie douzaine de femmes nues accrochées à mes puissantes épaules.
Je suis pourtant le même sale con à la soirée des bouchers-charcutiers qu’à la soirée des gens de l’internet. Sauf que je suis infoutu de préparer un gigot, mais je sais générer de la page vue. J’ai de l’audience, je suis visible, du coup je suscite un vague intérêt, des gens s’intéressent à moi et des femmes de toute beauté veulent procréer avec moi. Banco.

Exemple de gens : Korben, Suchablog, Tuxboard, de vrais tombeurs hardcore.

2- Etre un enculé de sa mère.

J’introduisais le point précédent en disant que c’est ce qui marchait le mieux, en fait je me demande si « être un gros con » ne fonctionne pas encore mieux…
Le gros con de l’internet, c’est une race de plus en plus répandue depuis, disons, 2-3 ans. Le principe est simple. N’avoir aucune compétence, si ça n’est celle de savoir écrire correctement. Ne pas être connu, ne pas avoir de passif et ramener son gros cul sur Twitter ou sur un blog, pour insulter les gens plus connus que vous.
C’est très simple, et ça vous permet de dire que machine est grosse, que machin est puceau, que bidule a baisé avec chose dans les chiottes du Franprix. Vous pouvez faire un ou deux photo-montages dégueulasses et vous attaquer à des gens qui n’ont absolument aucun lien avec vous. Juste pour le clash facile.

En quoi cela vous permet de pécho ? Et bien vous passez pour « la brute », celui qui a « de la violence saine en lui tu vois », qui casse l’ordre établit et qui renverse les icones du passé. De fait, vous ne pouvez qu’être un esprit fin et racé, et les gonzesses meurent d’envie de vous rencontrer et de caresser votre torse vélu des heures durant.

Le combo, c’est d’être un mec à peu près normal dans la vraie vie, comme ça en soirée « Internet », celle où je me balade avec mon tee-shirt, vous, vous passez pour le gros sale con de service, « MAIS QUI EST TELLEMENT SYMPA-GENTIL-COOL EN VRAI ».
Cette phrase là, « il est tellement sympa en vrai », outre le fait qu’elle a du générer beaucoup de rapports sexuels divers et variés, fait probablement partie de mon TOP10 des phrases de merde qui me font détester gratuitement, et sur 6 générations, n’importe quel individu.

Exemple de gens : La plupart des connards qui vont commenter cet article pour dire de la merde, mais qui se donneront ainsi une forme de consistance, qui peut être séduisante.

3- Etre pr0n-trash.

C’est quoi être trash ? Deux manières de faire.
La plus simple c’est de mettre une photo de son sexe en avatar Twitter, raconter qu’on a « torcher » « 4 mineures » « slovaques » la veille, et que « c’était pourri parce qu’elles étaient trop défoncées au Stilnox ».
Vous avez une vie de déglingo, tous vos mots sentent la capote usagée, et quand vous parlez d’une nana, chacun de vos messages/tweets comporte soit le mot « pute », soit le mot « viol », soit le mot « baiser ».
J’exagère un poil, mais vous voyez l’idée. Vous êtes une bête sexuelle, vous n’avez aucun tabou, et toutes les MILF de haute Savoie tremblent à chacune de vos sorties.

La seconde manière de faire, qui est plus proche de ma méthode (très involontaire), c’est d’avoir un blog avec des photos de cul, d’y caser de temps en temps des trucs un peu alternatifs, du genre SM, Bondage, et autres. Et alors ça devient fou, le monde fini par voir en vous un être sexuellement débridé et sophistiqué, et vas-y que si je le mets dans mon lit il me fera forcément des choses ahurissantes à base de cordes et de cravaches, et que ce sera fou, comme dans ces films pornographiques que mon mari regarde en cachette sur son portable Hewlett Packard.

Dans les deux cas c’est l’attraction habituelle qu’on toujours provoqué les satyres à travers les âges. Une curiosité, une envie d’extrême. Alors qu’au final, les vrais pervers sexuels qui vous feront des choses interdites à base de chèvres et d’aubergines, sont probablement les gens les plus discrets… Pas ceux qui ont des blogs de cul.

Exemple de gens : Mixcouilles et autres clones.

4- Etre un beau gosse.
Sauf que les beaux gosses, ils pécho pas sur Internet, eux.

Bon ce sont 4 grandes lignes qui valent ce qu’elles valent (ça c’est une belle phrase de merde pour conclure), je suppose que vous en trouverez des tonnes d’autres.