Comment évoquer mon profond dégout du Téléthon sans passer pour une âme sans cœur ? Question fort délicate, lorsque comme moi, on met un point d’honneur à être en toute circonstance un chic type.
Mais je ne résiste pas à l’envie de t’en parler, paysan, car toi, j’en suis certain, tous les ans, tu regardes le Téléthon et peut-être même que tu aimes ça.

Tout d’abord, je pense que personne ne me contredira concernant l’importance de la recherche médicale. La recherche sur les maladies orphelines, est également indispensable, car elle permet de s’aventurer sur des pistes nouvelles et de faire des découvertes importantes et salvatrices et d’apporter des solutions à des gens qui en chient depuis le jour de leur naissance. Ce point là n’est pas à remettre en cause.

La recherche est quelque chose de sérieux, qui nous concerne tous, inutile d’être soi même touché pour en ressentir les bien-faits à long termes.

Maintenant, le système actuel fonctionne tellement mal, que pour avoir de l’argent, les laboratoires doivent faire appel à la générosité des gens. Ce simple fait, est selon moi une abbération et une honte. Mais c’est un autre débat. Si vous êtes sages, nous en parlerons une autre fois.

Revenons au Téléthon et à ses quelques particularités : Grosse médiatisation et soutenant une recherche principalement orientée vers des maladies qui touchent des enfants

Le résultat, donne un grand cirque sans la moindre pudeur.

Un show écœurant durant lequel des chanteurs has-been vont demander à des enfants en fauteuil roulant « Veux-tu vivre ?« , « Aimerais-tu marcher ? » avant de se tourner vers la caméra, de lâcher un « Ils sont formidables, ils ont tellement à nous apprendre » et d’enchaîner sur un vieux tube et sur la date de leurs prochains concert « événement » dans une petite salle parisienne…

Le prix de ces dons nécessaires, est un spectacle obscène, regardé par des français qui pourront se dire, en voyant leur gamins en échec scolaire jouer avec une X-Box achetée à crédit « Finalement, certains sont plus malheureux que nous« .

C’est pour moi la pire façon de sensibiliser une masse, les convaincre par la pitié, par la peur même parfois (le fameux « Ça pourrait vous arriver« ). Les reportages s’enchaînent, parfois touchants, souvent assez niais les vrais problèmes ne sont évoqués que brièvement, entre un flash sur « Madame Clairot, retraitée, qui vend des crêpes pour le Téléthon » et « l’école Jeanne d’Arc qui organise une grande Kermesse« .

affiche-telethon-2008

Le peuple devient donc garant des fonds destinés à la recherche si demain, Madame Clairot et ses copines décident d’arrêter de faire des crêpes, boom, plus de fric pour les myopathes !
Alors pour éviter ça, on parle au peuple de manière simple, on lui bourre le crane, en tirant les bonnes grosses cordes, c’est vraiment triste d’en arriver là.

Le jour ou une partie réelle de nos impôts sera destinées à la recherche et correctement répartie, autrement que par une déduction d’impôt qui conserve le côté « arbitraire » du don, alors peut-être que nous n’auront plus besoin de faire pleurer les chaumières pour faire cracher 10 euros au profit de la science.