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Sex-Shop

Les Sex-Shop sont des lieux magiques, chargés d’interdits que je me plais à frequenter depuis que j’ai 15 ans.

La première fois c’était rue St Denis en plein jour, avec mes potes d’internat. Trois aller-retour dans la rue avant d’oser pousser le lourd rideau rouge d’un petit Sex-Shop miteux. Sur notre groupe de cinq, nous étions trois a oser entrer. Le vendeur nous lance a peine un regard, le souffle court nous avançons dans les rayons étroits. Des DVD, de plus en plus bizarres au fur et a mesure que nous avancions, des gadgets poussiéreux et dans une petite vitrine des lubrifiants et… les poppers. Nous n’avions aucune idée de ce que pouvait contenir ces petites bouteille aux noms évocateurs : « Rush« , « Sex Line« , mais elles nous fascinaient. Au rayon des godes gay, c’était toujours l’instant lol avec les énormes plugs et les points fermés en silicone.

Mais ce qui est terrible avec les Sex-Shop c’est l’effet Cendrillon : le jour de nos 18 ans, le charme se brise. Plus d’hésitations, de peur de l’interdit, plus rien a découvrir… Le Sex-Shop devient presque commun. Pour retrouver les vieilles émotions, il faut ruser, s’y rendre la nuit, visiter les plus petits, les plus miteux d’entre eux…

Aujourd’hui, la tendance est a la démocratisation. On trouve de plus en plus de Sex-Shop qui se donne des aires de boutiques design avec des grandes baies vitrés. A l’intérieur, les bougies, les huiles de massage et les petits jeux coquins laissent peu de place a la cam bien trash. Aucun DVD, mais des livres, illustrés par Arthur de Pins… Les godes vendus ressemblent a tout sauf a des bites et si vous demandez du poppers, vous aurez le droit a un regard dédaigneux de la vendeuse. La vendeuse d’ailleurs, n’est pas une étudiante en galère, contrainte pour payer ses études de travailler sous les ordres d’un patron pervers et de nettoyer des cabine a branlettes après la fermeture. Dans ces néo-sexshop, elle est mignonne, souriante et a un petit tatouage sur le poignée. Au final rien de très bandant, c’est dommage pour un Sex-Shop.

Fuyez ces lieux sans charme, conçu pour les néo-bobo peureux et les couples cinquantenaires, poussez le rideau d’un petit Sex-Shop et amusez-vous  a parler avec le patron. Allez-y sapées comme il faut, le sourire aux lèvres et le torse bombé. Regardez ceux qui baissent les yeux en sortant et déclinez poliment les propositions des prostitués – elles vous proposeront d’abord un massage - qui traine parfois en ces lieux. Faites vous plaisir durant quelques instants au rayon DVD, regardez les jaquettes, surtout celles tout au fond… vous découvrirez que votre sexualité est bien pauvre !

Trainez-y avec vos potes, votre meilleure amie, faites des achats, demandez a visiter les sous-sols et insistez pour voir ce qu’il proposent sous le comptoir. Les Sex-Shop, c’est beaucoup de bluff et de cinéma, mais croyez-moi, c’est super drôle et l’ambiance y est unique.

Alors la prochaine fois que vous vous retrouvez a deux heures du mat’ au centre de Paris, faites-moi plaisir, faites un tour rue St Denis et commencez par le mythique Club 88 !