Billets Analogues
Real-TV Mortelle
Paysan, j’ai une grande nouvelle pour toi.
France 2 a inventé l’eau chaude.
Avec son documentaire « Le jeu de la mort », France 2 pose deux questions totalement inédites et Oh combien audacieuses :
- Jusqu’où les hommes, sont-il capables d’aller ?
- Jusqu’où la télé est-elle capable d’aller ?
Pour répondre les journalistes ont également innové de manière stupéfiante : Une fausse émission de TV basé sur l’expérience de Milgram. (date : 1960. Pour en savoir plus cliquez).
« Zone extreme : Jusqu’ou va la TV ?«
Bravo les mecs de France 2.
Si j’étais mauvaise langue, je dirais que vous avez fait ça uniquement parce que c’était le moyen de s’approcher le plus possible du Saint Graal de la Real-TV sans se mouiller et en se donnant bonne conscience. Car votre docu n’avait aucun intérêt, n’apportait rien de nouveau.
Je pense que tout les patrons de chaine, les producteurs de programme TV, ont déjà rêvé au Grand Show, celui qui couterait la vie a ses candidats, la mort en direct, l’audience honteusement haute.

Car la Real-TV, depuis le début n’a pas d’autre but. Les systèmes d’élimination, la privation de liberté, le cloisonnement… Pour l’instant vous ne pouvez que torturer, c’est dommage et sans doute frustrant car au fond, ou est le problème ?
Chaque jour, pour ma part, je pense être responsable de la mort de plusieurs personnes, dans la mesure ou je ne leur ai pas sauvé la vie.
Hier, je n’ai pas donné mon sang, je n’ai pas donné d’argent ou de nourriture a un SDF, je n’ai pas non plus fait de don a une association humanitaire, je ne suis pas inscrit sur le registre des donneurs de plaquettes ou d’organe…
Regarder, passivement quelqu’un mourir en direct est finalement moins violent que notre quotidien.
Le jour ou ce Show arrivera, unanimement, nous serons scandalisés et avec toute l’hypocrisie du monde nous regarderions avec délice.
Il me tarde… Pas vous ?



« Regarder quelqu’un mourir en direct » est moins cruel que notre quotidien ; moins violent, j’en suis pas sûr. Dans les deux cas, c’est plus ou moins indirect et c’est pour ça que c’est rendu possible et que ça nous gêne pas vraiment.
Alors oui, le film de France 2 faisait un peu tache par moments (d’autant que ce n’étaient pas vraiment les mêmes conditions que l’expérience originale), mais bon c’est normal, c’est grand public. Au final, ça fait quand même qu’on en parle et qu’on y réfléchit (la preuve avec ta merveilleuse analyse, très fine), et c’est peut-être ça finalement l’interêt.
Autres points de vue ici : http://www.zcorrecteurs.fr/forum/sujet-2427-l-experience-de-milgram.html
Bien que tu mettes le doigt sur une certaine vérité, je ne suis pas d’accord avec toi. Tu dis qu’il n’y a pas une grande différence entre regarder quelqu’un mourir -c’est-à-dire, jouir du spectacle d’un homme qui meurt – et ne pas faire d’effort pour sauver des gens. Dans les deux cas, effectivement, on est indirectement « responsable » de la mort de la personne puisqu’on n’a pas agi pour empêcher. Non assistance à personne en danger en quelque sorte. Oui, sauf que c’est une vision réductrice. Ce qu’il y a d’horrible dans le fait de regarder un homme se faire torturer/mourir etc, c’est qu’on le fait volontairement, on veut voir cette personne mourir, et sa mort nous fait plaisir. Ca révèle fortement le voyeurisme pervers de l’homme qui jouit de la violence infligée aux autres, c’est totalement immoral et rabaissant. En cela, c’est extrêmement violent.
Par contre, si tu ne donnes pas ton sang par exemple: est-ce que ça signifie que tu désirs la mort de tous les malades? Est-ce que tu prendrais un plaisir fou à voir un SDF mourir de froid sous tes yeux? Ne pas donner son sang, ne pas donner son argent, ce n’est pas nécessairement vouloir la mort de l’autre. C’est être indifférent au sort de l’autre, c’est ne pas avoir d’empathie avec cette personne, peut-être. C’est égoÏste, mais ce n’est pas souhaiter du mal à l’autre. Et là, je trouve que y’a une différence majeure.
> Meili : faire croire qu’on ne fait pas volontairement de mal aux autres en ne faisant rien pour eux, c’est l’excuse des lâches. Dans le film de France 2, les questionneurs (sauf un ou deux sadiques) ne prennent pas plaisir à continuer. Du coup, ton argumentaire ne tient pas la route en l’occurrence.
On s’est peut-être pas compris alors. Moi, je parlais de l’attitude du téléspectateur qui prend plaisir à regarder, pas de l’homme qui inflige la torture et dont l’attitude et le dilemme, selon moi, relève d’un autre débat.
Je comparais l’attitude du téléspectateur voyeur à celui d’un homme qui passe dans la rue en ignorant un SDF. L’état d’esprit de ces deux personnes est fondamentalement différent. Tu me diras que dans les faits, ça ne change rien puisque la tierce personne meurt. Oui mais entre souhaiter la mort d’un autre (le voyeurisme, c’est un peu ça: tu VEUX que la chose se passe) et y être indifférent (et encore on n’y est pas complètment indifférent; si on te demandait: veux-tu que ce SDF meurt? » la réaction que je suppose normale serait de dire « non, je ne souhaite pas la mort de cet homme »), il y a un univers.
On s’est peut-être pas compris alors. Moi, je parlais de l’attitude du téléspectateur qui prend plaisir à regarder, pas de l’homme qui inflige la torture et dont l’attitude et le dilemme, selon moi, relève d’un autre débat.
Je comparais l’attitude du téléspectateur voyeur à celui d’un homme qui passe dans la rue en ignorant un SDF. L’état d’esprit de ces deux personnes est fondamentalement différent. Tu me diras que dans les faits, ça ne change rien puisque la tierce personne meurt. Oui mais entre souhaiter la mort d’un autre (le voyeurisme, c’est un peu ça: tu VEUX que la chose se passe) et y être indifférent (et encore on n’y est pas complètement indifférent; si on te demandait: souhaites-tu que ce SDF meurt? » la réaction que je suppose normale et sincère serait de dire « non, je ne souhaite pas la mort de cet homme »), il y a un univers. Ce n’est pas parce qu’on n’aide pas quelqu’un que l’on souhaite sa mort. C’est, outre les problèmes anecdotiques style « pas d’argent » ou « j’ai peur des aiguilles », de l’égoisme. Mais pas du sadisme.
On s’était mal compris, mais ça n’empêche que je ne suis toujours pas d’accord. Ne pas vouloir la mort de quelqu’un et ne rien faire pour l’empêcher, c’est un comportement particulièrement sadique et un choix volontairement involontaire. Au final, tu te caches derrière un faux égoïsme dont tu te contentes : quitte à « tuer » quelqu’un, autant le faire avec sincérité et dans la bonne humeur, c’est toujours plus plaisant.
(Déjà, désolée pour le doublon)
Je ne sais pas si je peux généraliser ma façon de penser, mais je ne me retrouve en tout cas pas du tout dans ce que tu dis. Au fond, tu affirmes que dire qu’on ne désire pas la mort d’un homme, mais ne rien faire pour le sauver, revient à se voiler la face pour être en paix avec sa conscience. En un sens oui: si le fait de dire « je ne VEUX pas la mort de cette personne » signifie que je veux prendre les moyens pour agir CONTRE la mort de cette homme, et bien on est effectivement hypocrite en ne lui donnant rien. En ce sens, c’est vraiment esayer de se donner bonne conscience en faisant semblant de se lamenter sur le sort de cet homme. Par contre, si cela signifie « je ne veux pas agir POUR la mort de cet homme », ce qui est le cas de la plupart des gens je pense, et bien ce n’est pas du sadisme de ne rien donner. Et ce ne serait pas se cacher les yeux que de parler d’égoisme. Dans le cas du passant, je suppose que la plupart ne tirerait aucun satisfaction à voir la personne mourir (ce qui est le cas pour le téléspectateur dont je parlais), donc parler de sadisme caché me semble inapproprié.
Franchmement, mets-toi dans la peau d’un gars qui aime regarder des gens mourir en direc à la télé et l’attitude d’un gars qui ignore les suppliques d’un SDF. Dans le premier cas, tu es content de voir q’un mec se fait torturer jusqu’à la mort. Dans le cas du SDF, je t’imagine mal entrain de penser que tu vas rien lui donner POUR avoir le plaisir de le voir mourir. On peut alors difficilement parler de sadisme.
Je suis d’accord avec Meili, et, de toute façon, il n’y a pas de bonne action désintéressée, si tu donne de l’argent à un SDF (pour reprendre cet exemple), tu en retirera de la satisfaction au moins de façon inconsciente, tu t’estimera généreux en ayant agis en tant que tel et tu en tirera de la satisfaction. Par contre il est très facile de ne ressentir aucune culpabilité en voyant quelqu’un mourir en direct puisque « on n’y peut rien », et de continuer à regarder en reprenant des chips.
De toute manière le but initial était de prouver que « la télé à une grande influence sur les gens » en reproduisant l’expérience de Milgram avec la différence qu’on remplaçait l’autorité du scientifique par celle de la télévision. Ce qui est vraiment dégueulasse, c’est le faite que cette pseudo-expérience ait été utilisé avec le seul but de faire de l’audience.
Donc l’idée de la mort en direct n’est pas réalisable, pour l’instant…
(sinon j’aime que le public clame « Le Châtiment! Le Châtiment!…)