Billets Analogues
Partir, la nuit
Lorsque je suis mal quelque part, que les choses ne se passent pas comme j’aime, que je me sens fiévreux et que la perspective de rester, encore un peu, me semble être la plus pénible des options, je pars.
Même quand il fait nuit. Surtout quand il fait nuit.
Partir plus tôt que prévu, se jeter vers le dehors pour rentrer chez soi est une des choses qui me grise le plus. La chose qui me grise le plus.
D’un état de malaise et d’aigreur, je passe à une euphorie des plus délicieuses.
Le processus est toujours le même.
D’abord, l’idée naît : je veux me casser.
Doute, puis calcul : il me faudrait peut-être marcher deux heures pour arriver ne serait-ce qu’a avoir un taxi.
Durant un instant, abandon. Mais l’idée revient, comme un boomerang.
Seulement deux heures.
Je décolle.
Il y a de ces sensations de liberté qu’aucune drogue ne peut vous offrir. Quand je pars, je ne suis plus fatigué, je sens le vent sur mon visage, j’ai les yeux partout, je suis concentré, heureux, créatif et déterminé.
Partir seul, c’est s’offrir une parenthèse hors du temps. Quelques heures volées d’extrême lucidité. Un rendez-vous avec soi-même.
Une coupure, ou il m’est arrivé d’oublier que j’étais et de me laisser porter par mes pas et mes pensés : automatiques, doux, sur d’eux.
Essayez.
J’ai toujours chéri ses moments uniques et solitaires.
Et l’autre soir, j’ai constaté qu’à deux, c’était encore meilleur.










C’est beau, ça, dis.
L’harmonie.
ça doit être ça. Dis donc.
C’est niais.
Just trollin’
Mais apparemment l’autre t’a empêché de méditer un article « méchant ». (J’insiste sur les guillemets.)
À la fin, je l’ai tué et j’ai pris un bain dans son sang.
C’est mieux ?
Non c’est trop tard, pas sorti naturellement de toi.
J’espère qu’avant tu l’as torturé en lui faisant écouter du J-J Goldman
On sent juste que vous avez peut-être récupérer de votre aigreur dans de l’affectif. Encore une fois, je suis d’accord avec vous, mais la douceur de la fin n’en est pas plus désagréable.
Enjoy
Ode à la fuite nocturne ça fait terriblement penser à un poème sur l’énurésie ce qui reste un sujet comme un autre mais tu dois avoir passer l’age.
C’est très vrai pour moi aussi. Par contre, pas dans le froid, j’ai horreur de ça. Et pas accompagné, je préfère seule.
Accompagné, pourquoi pas. De temps en temps. Mais ce n’est plus du tout la même chose.
Mignon.
Est-il pertinent de demander si l’autre personne était un gars ou une fille ?
Pertinent ou pas, c’était un gars.
Rien de mieux que la quiétude et la sérénité de la nuit. Toutes deux règnent avec douceur sur celle-ci, insufflant aux esprits réceptifs les délires d’un imaginaire inénarrable.
Quant à s’échapper d’un lieu où le malaise est palpable (en tous cas au moins pour une personne ^^), je connais bien aussi :).
C’est toujours meilleur à deux.
Au final, on finira toujours par écouter Florent Marchet, la charette… Et heureusement sinon, comment continuer une haine stérile – heurt du monde à notre individualisme passif.
En définitif c’est l’un des moments que je préfère.
Après une soirée un peu arrosé je rentre chez moi en arpentant Paris et j’ai l’impression que la capitale m’enivre encore plus.
Définitivement. Quand je n’habitais pas Paris, mais encore Brest, marcher la nuit en regardant le port était la meilleure des méditations…
J’ai toujours trouvé que marcher la nuit avait un côté un peu magique. Surtout quand j’étais sur Paris : les lumières avait un côté hypnotisant.
Faudra que j’essaie a deux prochaine fois.
Mon dernier instant semblable était au matin du nouvel an, je rentrai au levé du soleil, il n’y avait plus personne nul part, la ville était deserte, tellement bon, avec un petit de musique c’est extra