Billets Analogues

Panne de courant

Dans quelques heures, il n’y aura plus d’électricité sur Terre, et ce, durant 6 mois.

Je viens d’apprendre la nouvelle, dans le métro, lorsque sur Twitter des dizaines de messages ont commencé à en parler. Canular peut-être, ça ne serait pas le premier. Mais dans mon wagon, les gens commencent à en discuter, la rumeur se propage, on passe des coups de fils.

J’arrive à St Michel. Les gens sont énervés, ils parlent de ça. Je rentre chez moi à toute vitesse, j’allume là TV, et je découvre que c’est vrai, plus de jus à partir de demain, je suis sur le cul. Toutes les chaines en parlent mais n’ont rien à dire. Elle savent que ces moments sont leurs derniers à l’antenne.

Je resort, prendre la température, parce que je sais que je vis un événement exceptionnel et que c’est dans la rue, que je verrais les choses les plus incroyables. C’est déjà le bordel, tout le monde fait n’importe quoi, ça gueule, un SDF se marre. Les super-marchés sont pris d’assauts, les gens achètent surtout des piles électriques, des bougies… certains commerçants ont déjà fermé.

A quelques heures de l’extinction des feux, je fixe l’allogène qui éclaire ma chambre. Durant des mois, je ne la verrais plus briller, je pense a toute ces choses qui vont sortir de mon quotidien… Google, Facebook, l’eau chaude dans mon immeuble, mon téléphone portable… je dois oublier des trucs.

Je vais me coucher, j’ai l’impression de rêver de toute façon.

Le lendemain matin, *clic*, la lampe de ma table de  nuit ne s’allume pas. Première pensée, pour la femme de ménage qui a dû, une fois de plus la débrancher… prise de conscience, ça y es, il n’y a plus de courant.

Deuxième reflexe, allumer mon ordinateur, il fonctionne encore, mais sur la batterie. La Freebox, elle, est éteinte. Rien à faire dessus, je laisse mon macbook se décharger sur le bureau.

Dans le frigo, qui ne s’allume pas quand j’ouvre la porte, je prends ma brique de jus d’orange, elle est tiède. A mes pieds, il y a une flaque d’eau, glacée, elle. C’est la glace du congélateur qui fond.

Dans ma tête, je n’ai pas encore pris conscience que tout les monde est dans la même merde, ce matin là, je suis vraiment dans le paté… Après quelques actes manqués : allumer la TV, mon téléphone portable… Je saisis, sur l’étagère, mon petit poste de radio, celui sur lequel j’écoutais Difool quand j’avais 12 ans. Je cherche frénétiquement une station.

Et là, enfin, j’entends une voix et de nouveau, je suis connecté à quelque chose.