Malaise au CopySelf

- Arrêtez de me juger comme ça, vous valez pas mieux que moi.

Contexte : Ma bonne (qui a 16 ans) est partie en vacances. Je dois donc me débrouiller un peu tout seul, comme les gens simples. Je suis donc au CopySelf  - du 74 Bv St Germain – à 10h du matin, pour de photocopier mon passeport, ma carte vitale, quelques diplômes et certificats.
Je me demande vraiment pourquoi le mec qui tient le magasin vient se poster à côté de moi pour m’agresser. 
Je suis habillé humblement, juste des Westons parce que les autres marques de chaussure me font mal au pied. Je suis en mode dimanche, en mode peuple, on pourrait presque croire que je suis le genre de type à élever moi-même mes enfants. Et putain, c’est aujourd’hui qu’un connard de photocopiste vient m’agresser la gueule.

Mauvaise ambiance.

J’ai juste envie de lui dire d’aller se faire enculer la gueule. Mais il ne m’en laisse pas le temps.

- Je suis sûr que quand vous parlez de moi, vous dites « Le mec de qui fait des photocopies ».

- Je ne parle jamais de vous, monsieur.

- Mon métier, c’est reprographiste. On dit reprographiste, je suis sur que vous auriez dit « Photocopiste ».

- … Pas du tout.

- Si. Vous en avez rien à foutre de mon métier, vous ne connaissez même pas son nom.

- Vous voyez monsieur, là je fais mes photocopies moi-même. Je mets moi-même la feuille sur la vitre, j’appuie moi-même sur le bouton. À la fin, je viens vous payer, vous prenez les pièces et me rendez la monnaie. Vous n’utilisez pas la photocopieuse, c’est moi qui fait votre…

- On dit PHOTOCOPIEUR ! Vous voyez, vous en avez rien à foutre et en plus vous remettez en cause mon utilité.

- En fait, vous avez décidé de me faire chier. Je pourrais répondre quoi que ce soit. Vous êtes une espèce d’énorme connard malheureux parce que les machines font tout et que personne ne s’intéresse à vous. Vous êtes une sorte d’enfant moche devenu adulte.

 Je le dévisage, il est, en effet, plutôt laid. Mais pas genre hyper laid, juste un peu laid. J’ai fini mes photocopies.

- Combien je vous dois ?

- 2,75 euros.

Je souris.

- Ça vous fait rire ?

- Oui, je trouve drôles les prix avec les centimes. C’est très peuple, très « un sou est un sou », très auvergnat.

- En plus d’être méprisant, vous êtes raciste en plus.

Je paye et je me casse sans laisser les 25 centimes dans la petite coupelle « merci ».

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance 11 Commentaires

Pardon pour le #HarcelementDeRue

Au nom de tous ces mecs désespérés, de ceux qui n’ont pas fait l’amour depuis des mois, de ceux qui n’ont pas été éduqués, des petits, des nerveux, des moches, des sales, de ceux qui tapent les filles, de ceux qui vous font payer le fait de bander mou, de ceux qui n’ont aucun amour propre, au point de ne même pas accepter de ne pas plaire et de l’avoir cherché, de ceux qui vous touchent les fesses, de ceux qui vous insultent gentiment, ceux qui insistent, ceux qui rusent, ceux qui vous suivent, ceux qui vous font peur.

Au nom de ces éternels perdants, de ceux qui rentreront chez eux, seuls, comme tous les soirs, ceux qui méritent leur vie de merde, de ceux qui mériteraient qu’on leur explose la gueule, qu’on les pende par les pieds à poil sur la place publique pour leur apprendre les bonnes manières, pour leur montrer qu’ils n’ont pas leur place au XXIe siècle, qu’aujourd’hui les femmes peuvent montrer leurs jambes, comme eux montrent la raie de leur cul, qu’une femme peu montrer ses seins comme eux montrent leurs épaules et que ça ne les autorise à rien, ne les invite à rien, ne justifie rien.

Au nom de ces petites merdes en survêt’, de ces connards en costume, de tous ces mecs qui compensent leur complexe d’infériorité en rabaissant les femmes, qui noient leur chagrin dans l’agressivité, dans l’impudeur.

Mesdames, pardon pour les remarques de merdes, les compliments vaseux, les mauvaises haleines.

Pardon encore plus aux noms de tous les branleurs de merde qui tournent en ridicule un phénomène qui vous pourrit la vie. Ces petites phrases ne sont pas anodines même si elles sont tristement habituelles. Vous n’imaginez comme j’ai honte de faire partie de la même race que ceux-là.

Un garçon.

#HarcelementDeRue

 

Disclamer : Depuis quelques jours, le thème du Harcèlement de rue est au coeur des débats sur les réseaux sociaux. Enfin. Les filles gueulent et certains mecs ricanent.

 

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance, Chronique Égocentrique 183 Commentaires

Daniel Power – Photographe du malaise

Aujourd’hui, j’ai découvert Daniel Power, photographe de talent qui n’oublie jamais d’aposer fièrement son nom sur chacun de ses clichés.

J’ai eu envie de partager avec vous ses plus jolies photos.

Pour le plaisir de l’art. Et du lol.

Photos : Daniel Power
Légendes : Guillaume Natas

« Ping Pong Gothique »

« Ma fleur n’est pas fanée »

« Bi-Sensuelles »

« Contorsion – Illusion »

« Transe Décandente »

« Libre, belle, champêtre et bien cadrée »

« La beauté simple et en gros plan »

en bonus, une photo de l’artiste (à gauche) :

« Beaux et Hétéro »

Pour encore plus de Daniel : ses albums facebook.

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance 7 Commentaires

La brune et les prisonniers

Dimanche soir, Le Fumoir, j’attends quelqu’un. Au bar il y a une brune, environ 40 ans. Femme à emmerdes.

La brune à emmerdes : Ne cherche pas. Tu ne m’intéresses pas, moi j’aime les hommes, les vrais.

Guillaume Natas : Pardon ?

La brune : Ne cherche pas à me draguer. J’ai déjà quelqu’un.

Guillaume : Vous avez l’âge de ma mère et vous êtes moins jolie. Et je suis fiancé. Et je ne vous ai pas adressé la parole.

Je détourne ostensiblement la tête, pour lui montrer que je n’ai pas du tout envie de discuter avec elle. Le barman me sert un whisky, sans glace, dans un verre en cristal.

La brune : Fais pas ton timide non plus, on peut quand même faire connaissance.

Guillaume : Non merci.

La brune : Le coup du mec inaccessible. Tu m’as bien analysé. J’aime bien les hommes comme ça, comme toi. Mon truc c’est d’envoyer des lettres à des prisonniers. Mon homme est en prison d’ailleurs. Il a tué sa femme parce qu’elle l’avait trompé.

Guillaume : Et c’est votre homme maintenant ?

La brune : Oui et je le trompe. Ça m’excite de me dire que pour la même chose, il a planté un couteau de cuisine dans le vendre d’une morue.

J’ai vraiment envie que cette conversation s’arrête. Mais mon ami n’arrive pas.

Guillaume :

La brune : Les prisonniers, ils font pas de problèmes, on se demande jamais ou ils vont, ce qu’ils font et avec qui. Ils voient pas d’autres femmes. Parfois dans les lettres, ça devient vraiment chaud, je leur raconte comment j’aimerais qu’ils me baisent, ce que je leur ferais s’ils étaient avec moi.

Guillaume : fascinant.

La brune : Oui, c’est ce qu’ils pensent aussi. Certains se masturbent sur le papier à lettres qu’ils utilisent pour me répondre. Ça rend le papier tout rigide, craquant… J’adore ça. C’est mieux que du sexe. J’ai des dizaines de noms de prisonniers à qui je dois encore écrire. Je ne serais jamais seule.

Guillaume :

 Je termine mon Lagavulin et la fixe.

La brune : Allez, viens, t’as gagné, on va chez moi.

Une fois chez elle, elle commence à se déshabiller, sort de son frigo une bouteille de vin entamée et nous sert deux verres. Je reste immobile sur le pas de la porte.

La brune : un verre de vin dans la chambre ?

Guillaume : non.

La brune : Oh… pourquoi ?

Guillaume : Parce que je ne suis pas là. Je ne suis pas rentré avec vous. Vous êtes seule avec vos deux verres de vin. Notre histoire, comme toutes vos histoires n’ont jamais commencé ailleurs que dans votre tête.

Ce soir-là, la brune a écrit deux lettres.

Posté le par Guillaume Natas dans Chronique Égocentrique 10 Commentaires

Humeur #1 : Ca va mieux

La semaine dernière, ça n’allait pas trop. Ça m’arrive rarement de ne pas aller trop bien. C’est désagréable comme sensation, c’est comme être fatigué, mais sans pouvoir dormir pour se soulager. Je sortais d’une semaine d’antidouleur. La faute à une reprise trop violente du sport. Dos bloqué. Anti-douleur. Stone. Mou. Lent. Ta mère.

Depuis ce matin, ça va mieux. Comme avant, je suis inspiré, réveillé, intéressé et j’ai envie d’écrire. Ça tombe bien, parce que je dois écrire.

Hier — prémices du retour de ma santé —, je n’arrive pas à dormir. Alors je regarde « 60 secondes chrono » en replay, juste pour voir  et en faisant 3 autres trucs en même temps. C’est vraiment con comme émission. Plus que con. Ça m’a mis mal à l’aise autant de bêtise. Le principe : des familles doivent réaliser des défis de kermesse totalement idiots pour gagner de l’argent. Chaque défi, à sa façon est humiliant. C’est dur de voir une famille se ridiculiser pour de l’argent. Pour illustrer, j’ai fait un .gif d’une des épreuves (faire tomber des balles de ping-pong d’une boite de mouchoir fixé dans son dos, en se dandinant).

Parfois un .gif dit plus de choses que des mots.

Je me suis dit que pour donner du sens à cette émission, il aurait fallu qu’en cas d’échec, on tue le plus jeune membre de la famille. J’ai des idées bizarres la nuit, mais je suis convaincu qu’avec cette règle le jeu aurait un tout autre impact sur le public.

Pour confirmer définitivement mon retour à la vie active, je suis allé acheter des choses chez Monoprix. Normalement c’est Théobald qui fait les courses pour moi et du coup je ne peux pas vraiment choisir des choses nouvelles dans les rayons du Supermarché. Aujourd’hui, j’y suis allé moi-même et c’était enrichissant. J’ai pris mes courses en photo d’ailleurs. Cette photo, je te la montre, franche, vraie, sans filtre Instagram.

Oui, parfois, Guillaume Natas a une vie qui ressemble un peu à la tienne surtout lorsque les domestiques sont en vacances.

nb : Les Coraya, ce n’est pas pour moi.


Posté le par Guillaume Natas dans Chronique Égocentrique 4 Commentaires