Car Wash

Mon père a un jardinier : Max. Il est un peu bizarre, un peu simple. Il a toujours, au coin de la lèvre, un mégot de cigarette roulé. Une fois, on a parlé, Max et moi.

Max : S’toi le ptit génie des Télécoms ?

Guillaume : Je travaille un peu sur Internet, oui.

Max : Moi, j’vais sur Internet que pour les films… roses.

Il me regarde avec malice. Je le regarde avec mépris.

Guillaume : Je vois. C’est bien, Internet, pour le porno.

Max : C’est bien et c’est pas bien. Moi, y’a 10 ans d’ça, j’allais au Vidéo Club, ils avaient une sacrée collection de casettes « trois X ». Quequ’chose comme 300 films. Des Français, pis des Américains aussi. Après ça, le Vidéo Club a fermé. À cause des Internet qu’ils ont dit. Alors j’ai pris un Dell et un Wanadoo.

Guillaume : C’est bien, de vous ouvrir au monde comme ça, Max.

Max : C’que je préfère c’est les vidéos #CarWash. J’suis inscrit a un site de CarWash. Bah ça me coute même pas 30 francs par mois et j’ai des vidéos nouvelles tout l’temps.

Guillaume : Cette tristesse.

Max : De ?

Guillaume : De regarder des filles que vous ne pourrez jamais baiser nettoyer des voitures que vous ne pourrez jamais vous offrir.

Max : Meuh. C’est pas ça.

Guillaume : C’est le fait de voir des femmes nettoyer ? C’est ça Max ? Ça suffit à vous exciter. Les femmes à leur place, mais jolies quand même. Vous n’avez pas de femme n’est-ce pas ?

Max : Non. Pis j’en veux pas. C’est qu’des emmerdes les femmes. J’ai pas besoin d’ça.

Guillaume : Mais vous avez besoin de regarder des filles heureuses de sucer leurs doigts, puis la verge du propriétaire du bolide qu’elle vient de savonner. Voilà votre sexualité, Max. Voilà pourquoi c’est triste.

Depuis, on ne parle plus avec Max.

 

#LaCampagne

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance 8 Commentaires

Enterrement de vie de jeune-fille

Elle entre dans la rame, affublée d’une couche pour bébé (géante), d’un t-shirt Hello Kitty et d’un chapeau fait avec des ballons sculptés.

Lorsque 5 autres filles — qui elles ne sont pas déguisées, juste mal habillées avec des couleurs flashies — la rejoignent, je comprends qu’il ‘s’agit d’un enterrement de vie de jeune fille, les deux prochaines minutes vont être longues. Les portes de métro se referment.

Une des copines a un sifflet et s’en sert beaucoup. Dans le métro, elle siffle, sans s’arrêter, elle reprend même son souffle dans le sifflet. Elle ne cesse que pour laisser la parole à la fille en couche : « Bienvenue dans le métro à destination de je-ne-sais-pas-ou je suis Naïma, votre hôtesse de l’air ! » (c’est exactement ce qu’elle a dit, ce n’est pas moi qui ai oublié la destination du métro, c’était, d’ailleurs, Porte D’Orléans)

L’extrême excitation de Naïma et de sa bande contraste avec fracas avec l’indifférence et le malaise du reste de la rame. Les gens n’osent même pas trop regarder. Tension.

Après une pause destinée à des applaudissements qui ne viennent pas, Naïma enchaine : « Merci à Myriam, Najat, Sophie et Johanna… sans oublier Leaticia (en vrai, je sais qu’elle a failli oublier Leaticia) qui m’ont organisé cette journée super ». Ses copines hurlent. Celle avec le sifflet siffle.

Celle-là, à ce moment précis, j’ai envie de l’égorger. Comme pour me donner raison, elle sort un sac de farine qu’elle vide sur la tête de Naïma. Je suis sidéré, je secoue un peu la tête pour m’assurer que je ne suis pas en train d’halluciner. Non. Certains voyageurs ont de la farine sur eux, le métro est en train de rouler. Elle recommence à siffler. Les filles applaudissent.

Le métro s’arrête, les portes s’ouvrent et la bande descend. Il y a encore de la farine partout.

Putain.

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance 11 Commentaires

Wahib m’a shooté

Il faut sonner à l’interphone 4 d’une petite entrée dans le IIe arrondissement. Deux étages plus hauts, on pénètre dans l’appartement de Wahib. Il est en train de shooter : une fille sur la tête de qui il dépose délicatement un petit chapeau melon. Elle porte une écharpe de plumes. Au mur : un imposant portrait de Kitano.

Ça fait des mois que Wahib balance ses portraits d’anonymes sur son mur Facebook. Une oeuvre complète dont il nous parle entre deux prises de vue. Charismatique et captivant, Wahib se considère comme un peintre et s’assure que chacun de ses clichés soit une pièce unique. Après un tirage papier, il supprime le fichier original, ne gardant qu’une version 17×17 cm pour le livre (le premier volume est sorti).

C’est mon tour. J’enfile l’écharpe de plume, je m’installe devant le fameux fond baroque et deux minutes plus tard c’est terminé. D’ici quelques mois, ma photo sera postée sur son mur Facebook : la première étape. Ensuite, elle pourra être achetée. Une fois. Et par n’importe qui. Wahib n’a même pas pris mon nom, je n’ai rien signé. Anonyme.

Wahib nous explique qu’il aimerait exposer, mais qu’il faudrait un lieu immense, pour montrer au moins 300 portraits. Moins, ça n’aurait aucun sens. Ça a déjà été déchirant pour lui d’en choisir 350 parmi les 600 pour son livre. Il a tiré au sort.

Je viens de me faire shooter par un des photographes que j’admire le plus. Un mec en survêt’ avec d’épaisses lunettes qui avant moi a photographié des centaines de personnes, en figera encore un paquet. Un type qui a aussi fait la pochette du dernier album de Orelsan et une série incroyable avec Monica Belluchi et Vincent Cassel (voir son site). Un mec avec une démarche artistique qui force le respect et qui inspire.

Si vous voulez vous faire shooter un jour par Wahib, surveillez ses statuts Facebook.

Pour voir toutes les photos, c’est ici.

Posté le par Guillaume Natas dans Chronique Égocentrique 6 Commentaires

#MariageGay #Morano #AchevezLa

Ce matin, Nadine Morano était chez Bourdin. Elle a parlé de mariage gay. Indigne. Du coup, j’ai aussi envie d’en parler. Je vais essayer d’être pédagogue.

En France, ça fait un moment que les homos sont « outés », qu’ils se montrent au grand jour, que tout le monde en connait au moins un, qu’on sait qu’ils existent. Par sécurité et pour nous assurer qu’ils ne représentaient pas un danger pour la société, nous les avons eus les temps, durant ces dernières décennies de les observer, de les tester, de les persécuter.

Il est temps d’admettre que dans la seule chose concrète que l’on puisse reprocher aux homos c’est d’être parfois « agaçants ».

Comme les Parisiens, les juifs ashkénazes et les gros qui s’assument.

Bon alors bien sûr, ils ont aussi tendance, par leur condition à nous mettre en face de question que l’on n’aime pas se poser, des questions sur le genre, des questions sur le sexe, sur la normalité. Mais nous n’allons quand même pas leur faire porter le poids de nos complexes ? Ce ne serait pas digne des fières hétéros que nous sommes.

Quand on parle de mariage et d’adoption gay en ce moment, on parle de tolérance, là où il faudrait simplement parler d’humanité.

Il n’est pas question de tolérance quand il s’agit de la cause LGBT. La tolérance induit le fait d’accepter et donc, par extension d’avoir le droit de ne pas accepter. Or, nous n’avons pas le choix, certains êtres humains sont homosexuels, ils ne sont pas plus bêtes ou plus méchants (ou plus coiffeurs… ah si), nous acceptons leurs impôts, ce sont donc des êtres humains avec qui il faut vivre.

Refuser à des gens qui sont en tout point nos égaux, un droit aussi universel que l’union, leur refuser un acte que notre société ne cesse de valoriser, que l’on entoure de fête et de joie, c’est inhumain. Juste inhumain.

Mariés, les homos pourront sans doute adopter, c’est là l’argument le plus souvent avancé pour s’opposer à leur donner les mêmes droits qu’aux autres. On spécule sur leur incapacité à élever correctement un enfant, sur le déséquilibre mental inhérent au fait d’évoluer dans une famille d’homo. lol.

Je suis fasciné par l’implication et l’énergie que dépensent certains dans l’éducation des enfants des autres. C’est un truc de gens chiant ça : donner son avis sur les autres familles, juger, critiquer. Qu’est-ce qu’on risque ? Que les enfants d’homo soient plus ouverts d’esprit que les nôtres ? Qu’ils soient mieux habillés, mieux coiffés (oh wait…) ? Qu’ils soient homos à leur tour ? Personnellement, tant que ma fille fait du violon et a des bonnes notes, je m’en cogne que ses camarades aient deux papas ou deux mamans.

En France, pour adopter, il faut passer des entretiens psychologiques, subir une petite enquête sociale, avoir les moyens. C’est difficile et tant mieux. Les homos auront droit à ces mêmes « tests », s’ils les passent, ils auront un enfant. C’est réglo je trouve.

Je suis convaincu que la cause LGBT est le combat de notre génération, qu’il faut que celle de nos parents soit la dernière dans laquelle les homophobes ont la parole, que nos enfants, n’aient pas besoin de Gay-Pride, ni de se réunir autour d’un drapeau s’ils sont homos. Juste qu’on s’en foute, qu’il n’y ait pas de bonnes ou de mauvaises nouvelles, juste deux choix, comme être gaucher ou droitier. Tout le monde sans exception sera plus heureux.

So gay !…

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance 33 Commentaires

Catherine, deux qui la tiennent…

Le bon marché rend hommage à Catherine Deneuve pour sa nouvelle campagne à l’occasion de ses 160 ans (au Bon Marché, pas à Catherine Deneuve, quoi que…)

Qui peut encore choisir Catherine Deneuve comme ambassadrice de l’élégance parisienne ?

Comment peut-on encore s’enthousiasmer à l’idée de mettre en scène une vieille arrogante, défigurée par la chirurgie esthétique ? Depuis combien de temps Catherine Deneuve n’a-t-elle pas joué autre chose que son propre rôle ?

Aujourd’hui, on ne parle de toute façon plus de ses films, on parle de sa manie de fumer partout, en s’en foutant, sans demander. L’icône du glamour parisien est une momie mal élevée.

Allons.

Catherine Deneuve, vous êtes l’icône des vieilles en carré Hermes, des mamies à teckel. Il est peut-être temps de vous faire oublier, parce qu’a choisir, je préfère le Paris des petites salopes que des vieilles peaux.

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance 11 Commentaires