Régis est tout vieux, il a de grosses poches sous les yeux. Son truc, c’est de charmer des petites parisiennes. Mais Regis ne sait pas trop faire, il est maladroit, flippant parfois… Mais quand il regarde les photos de ces filles qu’il a malgré tout réussi à avoir en « friend », il sent sa bite gonfler dans son slip kangourou. C’est douloureux. Alors il leur parle, il fait semblant de s’intéresser. Tout ce qu’il veut c’est une réponse, un dialogue, peut-être une rencontre, un café. Il sait qu’il n’aura pas de sexe. Il y a renoncé depuis longtemps.
Régis a 40 ans et sa vie est à chier.
Une fois, j’ai vu Regis en vrai. Il sentait mauvais, la transpiration d’aisselle, le laisser-aller et la solitude. Il ne parlait pas beaucoup, il souriait timidement et évitait mon regard. Il avait un gros poireau sur le visage. Il faisait timidement des compliments à ma copine. J’étais mal à l’aise pour lui. Plus tard il sera un peu agressif avec moi, mais sur Internet seulement. Il me bloquera, feintant le mépris pour ne pas avoir à répondre au : « Vieux pervers dégueulasse » que je lui avais lancé.
Régis a été abimé par les femmes. Souvent amoureux, toujours trompé, trahi. Ingénieur, il traine sur Internet depuis des années, il parle avec des filles. Il joue au sage, il donne des conseils et fait des sous-entendus un peu salaces quand vraiment, il ne peut plus se retenir.
Régis est seul, ça se sent par tous ses pores puants. Il est gentil au fond, il aimerait juste être un gentleman, être charismatique, oser rentrer dans le lard des gens en vrai et plaire aux femmes, plaire aux filles. Ne plus être celui qui perd à tous les coups. Que quelqu’un le considère… ou au moins fasse attention à lui.



Pour emballer le tout, on utilise une boite en polystyrène. Le kebab est le seul truc agroalimentaire qu’on stocke dans du polystyrène. Là encore, on fait comme si on n’avait rien vu, comme si on n’avait pas conscience qu’on était sur le point de s’enfiler un truc tellement gras qu’on s’est résigné à essayer de le stocker dans du papier.



Nina : C’est mon nouveau chat. Je vis un calvaire.







