Nicolas raconte sa vie. (et c’est une fiction…)

[Ce message a été traduit du roumain par "Paysans-Transcriptor V.3©"]

Salut Camarades !

Grand plaisir pour moi offrir pour vous texte de mon ami Nicolas Chavardes.

Bon lecture ! (tres long !)

Il est comme moi, paysans et sous diplome. Mais c’est un brave garcon.

Il est à peu près neuf heure du matin. Quelle soirée, ce bon vieux Julien nous a trouvé des trips, de la qualité. Des Fat Freddys, je m’en étais pas collé depuis des semaines. Je lui en avais pris trois, je me disais que comme ça j’en aurais encore pour la teuf de samedi soir. C’était sans compter sur mon appétit, qui m’a incité à dévorer les trois par intervalle de une heure. J’étais complètement décalqué.

Neuf heure du matin, dans ma tête, la soirée était loin d’être finie ! On est jeudi soir, c’est l’été, tout le monde est en vacances, aucune raison de s’arrêter, si ? Alors pourquoi est-ce qu’il range ses platines ? Je me décide à aller le voir, je suis sûr que je vais réussir à lui faire changer d’avis. Il m’a fallu environ dix minutes pour arriver jusqu’au DJ, la route n’est pas si longue que ça, mais j’avais beaucoup de mal à garder mon objectif en tête. Une fois devant lui, je commence mon argumentation.

« Ouais écoute, il est juste neuf heure, t’es pas chaud pour continuer encore ? » Il me répond simplement en secouant la tête, il s’est sûrement dit que je n’allais pas insister. Il s’en est fallu de peu pour que j’arrête, car je m’étais attaqué à la contemplation oisive de la vidéo qui continuait de tourner en boucle. C’est quand il m’a demandé de me pousser car il voulait descendre sa caisse de vinyle que je me suis souvenu de mon but.
« Allez, j’te paye une trace de speed et tu nous en remets pour une heure d’accord ? » Je commence à sortir mon meug, il me dit simplement qu’il est fatigué, et qu’il doit être à Mazamet le lendemain pour la teuf des No Name. Je lui dis que c’est une lopette, qu’il pourrait très bien y être, que s’il faut, je le conduirais moi-même, que la route ça me faisait pas peur, que j’étais chaud, que demain je serai moi aussi à Mazamet, que les No Name c’est des potes (j’avais croisé une fois un de leur membre, il m’avait cassé la gueule parce que j’étais particulièrement chiant ce soir là), que ça serait super sympa, et puis que tout le monde est chaud encore, allez mec c’est bon, on va s’la donner, j’ai encore du whisky dans la voiture, tu veux un verre ?
Il m’ignore. Un des types qui vit dans le squat s’amène et me dit de dégager, que c’est fini pour ce soir. Je lui dis de fermer sa gueule, que c’est pas à lui que je parle, que j’en ai rien à foutre de ses conneries, que je suis encore défoncé et que je me suis foutu près d’un gramme de speed dans la gueule, et qu’avec mes potes on est encore prêt à faire la fête jusqu’au bout de la journée. Il me pousse. Je le pousse. Il m’en colle une. Je tombe par terre. Je me relève et je lui saute dessus. C’était clairement une erreur, ils me tombent dessus et m’attrapent, pour finir par me balancer hors du squat.

Je reste un moment par terre, totalement perdu. Je ne savais tout simplement plus où j’étais. Dans ma tête, ça tournait à toute allure, mes pensées fusaient à Mach 3. Je finis par me relever et me diriger vers ma voiture. Je mets la clé sur le contact, et là je me rappelle que je n’étais pas venu seul. Pour patienter, j’attrape un bout de shit dans la boîte à gant et me roule, non sans peine, un joint trop chargé. A peine arrivé à la moitié, Ismaël, celui qu’on surnomme le quota, arrive et s’installe sans rien dire sur la banquette arrière. Je lui tends le joint et il me sort l’éternel couplet « Putain j’en ai marre de la drogue, c’est la dernière fois ». Ils sont toujours sérieux quand ils disent ça, et j’ai toujours la même réaction… j’éclate de rire. Je lui demande où est Julien, il me dit que la dernière fois qu’il l’a vu, il était avec des types d’Auch, accroché à la cheville d’une gonzesse qui d’après lui agitait sa jambe pour essayer de s’en décrocher. J’essaie de l’appeler, je tombe sur lui, je crois, je ne suis pas vraiment sûr, je ne comprends rien de ce qu’il me raconte. Je démarre la voiture.

Arrivé chez moi, Ismaël sort un paquet, il l’ouvre et se prépare une trace d’une poudre marron-grise. Putain t’as tapé de la rabla toute la soirée ? je lui demande. Il me répond qu’il a juste tapé deux speedballs parce qu’il a croisé Sylvain qui avait de la bonne coke. Je lui dis que c’est dégueulasse, il hausse les épaules. Je roule un joint, le fume. J’étais à bout de force, je me traîne jusqu’à mon plumard.

Je m’allonge, enfin, c’est fini, c’était une soirée éprouvante. Qu’est-ce qu’il s’est passé au juste ? Ah oui c’est vrai, on a croisé les types de Brazil et de l’Entrepro, on s’est bien marré. Et Julien ? J’ai oublié Julien ? Qu’est-ce qu’il est devenu ? Bon, je l’appellerai demain pour savoir. J’ai envie de dormir. Je bouge dans tous les sens. Je me mets sur le ventre, je me mets sur le dos. Je me mets en chien de fusil, je mets l’oreiller sur ma tête, je mets ma tête sur l’oreiller, je mets ma tête dans l’oreiller. Je me retourne, je repense à cette fille que j’ai vu danser en début de soirée. Je me retourne, bon sang, j’ai envie de dormir. Je n’y arrive pas, c’est impossible, j’ai bouffé mon dernier trip il y a combien de temps ? J’essaie de compter les heures, je n’y arrive pas. Je ne me souviens pas… Je regarde l’heure, elle avance péniblement, j’ai envie de dormir. Je n’y arrive pas. Je me lève, je vais dans la salle de bain, je bois. Je me recouche. Qu’est-ce que je dois faire demain ? C’est pas le moment de penser à ça. Mais j’ai des trucs prévus ? Je ne crois pas. J’ai envie de dormir, impossible. Je dégage le drap, je me mets sur le ventre. J’ai mal à la pommette, ah c’est vrai, ces enfoirés, si je les recroise je vais m’en charger, ils vont voir. J’ai envie de dormir…

C’est impossible, je me lève et je retourne dans le salon, où Ismaël est installé et regarde Canal +. Je lui demande si il s’est rendu compte que les programmes étaient cryptés. Il lève la tête vers moi et me dit qu’il s’en branle.
Je m’assieds à côté de lui, je lui dis que je n’arrive pas à dormir. Je fixe le mur. Les détails du papier peint se brouillent, les couleurs changent. Je ferme les yeux, il faut pas que je commence à triper, je veux dormir. Les yeux fermés, j’ai l’impression d’avoir un stromboscope dans la gueule, je sursaute. Ismaël se fout de ma gueule. Je lui dis que je suis trop à fond, je lui dis que je n’arriverai jamais à dormir. Je suis à bout de nerfs, j’essaie de rouler un joint, je n’y arrive même pas, cette feuille refuse de se coller.

Il prépare une trace, et me propose de taper. Je lui dis que j’ai pas envie, j’ai jamais goûté à ça, et je veux pas m’y mettre. Il hausse les épaules, et ne touche pas à la trace. Je retourne dans mon lit. Je refuse de repenser à comment ça s’est passé dans le lit, c’est exactement comme précédemment. Impossible de dormir, les pensées affluent, s’en vont, reviennent, repartent, je respire fort, je me relève.

Je lui demande si avec sa merde je vais pouvoir dormir. Il me dit qu’il n’y a rien de mieux pour gérer la descente de LSD. Je le savais déjà, mais je ne voulais pas prendre la responsabilité de l’acte que j’allais commettre. Je prépare une paille, et je tape la trace.

Je ne sais pas si ça fait déjà vraiment effet, mais je me sens déjà mieux. Je souffle, toute cette anxiété s’évanouit dans l’héroïne. Je m’étire, j’ai une contraction dans le ventre, je me plie. J’ai horriblement mal au ventre. Je mets mes deux mains sur le ventre et j’appuie. Bon sang, c’est horrible. Je me lève et je fonce aux chiottes. Je vomis. Je reste assis par terre, la tête contre la lunette des toilettes. Je vomis encore. Je m’essuie la bouche, et vais la rincer dans la salle de bain.

Je rejoins Ismaël dans le salon, et je lui dis que je viens de vomir. Il me dit que lui aussi il avait vomi la première fois. Il me dit que c’est normal, il dit qu’en fait le corps n’est pas fait pour absorber de la rabla. Je n’ai pas pleinement conscience d’avoir fait une connerie. Tout ce dont j’ai conscience, c’est que je me sens mieux. Je lui demande si je peux m’en faire une autre. Il pousse le boitier de CD vers moi. J’attrape sa carte vitale (ironique n’est-ce pas ?) et casse les cailloux. Je me prépare une trace un peu plus petite que la précédente, et me la colle dans le tarin. Je me frotte les yeux, puis passe mes mains dans les cheveux. J’ai un peu mal au ventre, mais je n’éprouve pas le besoin d’aller vomir.

Je retourne me coucher, je ne pense plus a rien, je ne ressens plus le besoin de bouger. Je suis bien, là, dans mon lit, je suis bien là, c’est fini. Voilà, ça y est, je vais pouvoir dormir, c’est fini.

C’est fini.