Natas Vs Morandini

La semaine dernière, je publiais un billet dans lequel je m’adressais avec tendresse à Jean-Marc Morandini, en voici la version officielle :

Morandini est très jolie, quand il danse avec les colibris.

Morandini a du talent, sur W9, principalement.
Morandini a de l’allure et toujours de jolies chaussures.
Morandini a du charisme, du charme, du dynamisme.
Morandini est un être pur, un grand journaliste, une valeur sure.

Suite a un malheureux quiproquo, mon billet a touché Jean-Marc – personnage sensible – qui a décidé de porter plainte pour diffamation et insultes publiques. Je reçois jeudi, par mail, une convocation du procureur de la république, je forward a mes avocats.

Coup de fil.

- « Monsieur Natas, j’ai une très mauvaise nouvelle »
-   »S’il s’agit de l’amande que je vais devoir payer, faites le versement, j’ai vu avec père. Si c’est vraiment beaucoup d’argent, vendez l’usine de traitement de peau de bébé phoque des Natas »
- « Nous monsieur, vous allez devoir aller en personne faire une déposition… à Puteaux »
- *touss* *touss* « Vous voulez dire dans cette ville derrière le périphérique ? Je vais retirer le billet et m’excuser ! Mais je ne veux pas aller là-bas »
- « Je suis désolé monsieur Natas, il n’y a rien a faire, vous devez y aller aujourd’hui. »
- « Mes vaccins ne sont même pas à jour ! Faites quelques chose ! Pour l’amour du ciel ! »
- « Dieu ait pitié de vous »

Mon monde s’écroule. Je comprends que ma punition s’applique maintenant et que je vais devoir subir le RER, train de l’enfer, poisseux, visqueux, bruyant et lent.

L’expérience fut traumatisante, le pire moment : la gare de La Défense, changement entre le RER A et le T3. J’ai dû marcher dans un sous-terrain, passer par dessus une barrière qui n’acceptait pas mes tickets de métro et attendre sur un quai recouvert de chewing-gum écrasés, de mégots de cigarettes et de… banlieusards.

Arrivé à Puteaux, j’étais a bout de force, sur les nerfs. On m’a invité à entrer dans un bureau débordant de dossier, au sous-sol du commisariat. Le brigadier chargé de mon affaire, derrières ses lunettes de soleil m’explique :

- « Je vais vous poser des questions, il n’y en a pas pour longtemps, quinze minutes au plus. J’ai lu votre blog… On peut dire que vous avez le sens de la formule. J’ai bien aimé. Jean-Marc Morandini moins »
- « Achevez-moi… Pardon… Je veux rentrer chez moi… »

Un quart d’heure plus tard, mon dossier était classé. Pas de suite, pas d’amende.

Mais j’avais déjà payé.