Je sais pour une grande partie d’entre vous, il est bien difficile de répondre, lors d’un débat, face à quelqu’un de plus éclairé.

Dans votre cas, la mauvaise foi sera donc une arme très utile, voilà comment l’utiliser correctement.

La_Mauvaise_foi_pour_les_nuls

Définition :

La mauvaise foi en débat est une technique consistant à répondre de pures inepties – même si elles sont aux antipodes de la réalité ou de vos idées – dans le but de faire passer votre interlocuteur pour un rigolo alors que ses arguments sont bien meilleurs que les vôtres.

Fonctionnement :

a.) Votre interlocuteur vient de vous clouer le bec en public. C’est désagréable et humiliant, et vous voulez réagir. Il faut donc chercher à reprendre le contrôle.
b.) Vous répondez en transformant le propos tenu afin de le faire passer pour débile, raciste, homophobe, misonéiste, etc.
c.) Vous passerez sans aucun doute pour une pauvre merde aux yeux de votre « rival » qui aura vu votre petit jeu, mais il est probable que le « public » passe de votre côté !
d.) Vous avez sauvé votre honneur ! Mission accomplie ! Bravo !

Astuces : Durant votre réponse, souriez avec l‘air condescendant, passez-la main dans vos cheveux, marquez de longues pauses et utilisez des mots compliqués.

Mise en situation :

Votre interlocuteur : Quelqu’un de franc.
Son propos : Une critique sur un poème que vous avez écrite.
Votre réponse : « Je vois que tu n’as aucune sensibilité artistique… Tu passeras à côté de choses bien merveilleuses… Mais bon, si tu préfères jouer à la Xbox plutôt que de lire Baudelaire, je ne peux que te souhaiter d’être heureux… »
(Pratique pour toutes vos pratiques artistiques)

Votre interlocuteur : Quelqu’un de plus riche que vous.
Son propos :
Quelque chose que ses moyens lui permettent de faire ou d’avoir et dont vous êtes secrètement jaloux.
Votre réponse : « C’est bien pathétique de constater qu’il existe encore des gens assez vides pour avoir besoin de dépenser leur argent de manière aussi inutile pour être heureux… »

Votre interlocuteur : Quelqu’un qui a fait plus d’études que vous.
Son propos :
Quelque chose qui vous met en face de votre manque criant de culture.
Votre réponse : « J’ai toujours pensé que les études n’apportaient pas tout. Ton propos ne fait que confirmer cela, tu es la preuve qu’un manque d’intelligence ne se compense pas avec des années d’études. »

Votre interlocuteur : Un homme.
Son propos : Une attaque quelconque concernant un milieu où le nombre de femmes est dominant.
Votre réponse : « Je suis outré par tant de misogynie, tu dois être bien frustré sexuellement pour dire des choses comme ça. »

Votre interlocuteur : Quelqu’un de plus vieux que vous.
Son propos : Une affirmation qui vous fait passer pour un jeune con.
Votre réponse : « C’est presque amusant de voir qu’on peut encore penser ça aujourd’hui ! Je veux bien concevoir qu’il est difficile pour certains de vivre avec son temps, mais tomber dans un discours aussi ridicule, ça devient effrayant ! »

Votre interlocuteur : Quelqu’un de plus jeune que vous.
Son propos : Une affirmation qui vous fait passer pour un vieux con.
Votre réponse : « J’ai toujours été très ouvert concernant la vision des jeunes, mais voir quelqu’un tenir un discours aussi réducteur est gerbant. Je veux bien admettre que tu connais bien peu la vie, mais sache rester à ta place et ne pas parler de ce que tu ne maitrises pas. »

Étude de cas :

Voici un commentaire posté en réponse à cet article. Les passages de pure mauvaise foi sont en rouge. Prenez-en de la graine.

Monsieur,

outre le fait que statue s’écrit avec un »e » et non avec un « t » à la fin du mot (sinon ce n’a pas du tout le même sens, si vous voulez être compris), sachez que les revenus des ecclésiastiques sont fort légers (un prêtre touche le Smic et paie ses frais de ministère sur ce qu’il perçoit. Allez voir leur train de vie, et vous verrez que vous êtes sans doute (fort) bien mieux lotis qu’eux. Si vous voyez un prêtre ou un évêque en 4X4 ou en Mercedes, ou autre berline, par exemple, prévenez-nous, photos à l’appui.
Par ailleurs vous confondez pratique religieuse dans l’espace public (sans boucher la rue, comme le font aujourd’hui des musulmans -fondamentalistes?- sans que l’on s’en inquiète ou se formalise) avec pratique commerciale. Qu’avez-vous vu à vendre à cette occasion de leur part? Paie-t-on pour assister à une messe, pour être catholique comme c’est généralement le cas dans une association?
Et je doute que ces fidèles criaient, comme vous le dîtes, car une prière se dit ou se chante (et ici en latin, langue ancienne, certes, mais fort belle, au demeurant, mais vous ne semblez pas avoir l’oreille musicale, c’est dommage, car même Nietzsche disait que la musique est essentielle -faut il vous rappeler qu’il n’était pas franchement chrétien…?-). Et donc pas de cris…
Pour ce qui est de la localisation de votre demeure, je suppose que c’est vous qui l’avez chosi, et sinon elle est sans doute postérieure à l’édification de l’église en question, n’est-ce-pas?
De plus, vous avez fait un site internet pour rendre public vos propres croyances et/ou idées, n’empêchez pas les autres de faire de même, sinon, c’est de l’autocratie, et vous n’êtes pas le nombril du monde.
Et enfin, la séparation de l’église et de l’État qui date de plus d’un siècle ignore les cultes mais les respecte, tant qu’ils ne prêchent pas contre la République. Et ainsi la laïcité n’est pas la lutte contre, l’aversion via à vis des religions. Qu’il conviendrait par ailleurs de connaître avant d’en parler, notamment pour ce qui est de vos affirmations infondées, provocatrices et un tantinet agressives, même.
Sur ce, bonne journée

P.Pénicaud

La prochaine fois, peut-être étudierons-nous l’importance de l’amour propre dans la vie, mais ce sera un tout autre propos !