Le CSA devrait-il censurer la bêtise ?

Le CSA ne veut plus que l’on cite Facebook ou Twitter à la TV. C’est troublant de constater que l’institution chargée de surveiller la télévision se permet de pinailler sur un tel détail par les temps qui courent.
Depuis des mois, je suis atterré par la multiplication des programmes sinistro-compassionnel (je définirais le terme plus tard), alors j’ai envie de m’interroger sur l’idée de les interdire, comme on peut censurer la pornographie ou la violence. Rendre la bêtise illégale à la télévision. Je ne sais pas comment va finir ce billet, mais je me souviens du moment ou j’ai eu l’envie et le besoin de l’écrire. J’allume la TV : reportage sur un couple « pas comme les autres« …

Une jeune femme obèse de 22 ans et son mari nain

Héros d’un soir, le temps d’une emission sur NRJ 12 dont je n’ai même pas voulu retenir le nom. Un show sinistre comme une foire au monstre et dont le seul but est de déclencher une empathie pure, un authentique reportage sinistro-compassionnel. Juste de quoi vous faire dire « Je ne suis pas si grosse« , « Je ne suis pas si chômeur« , « Je ne suis pas si laid« , « Je ne suis pas si malheureux« .
Le concept est simple, toujours le même : vous montrer pire que vous. En mode hardcore, aucune pudeur, aucune retenu.
Devant mon écran, je regarde ce couple qui scrutent un test de grossesse négatif. L’insémination artificielle n’as pas fonctionné. Madame n’est pas enceinte de monsieur. Le caméraman les film en train de chialer sur leur toile cirée. Normal, tout va bien, il est 21h30, sur la TNT. Le nain et la grosse ne seront pas parents ce soir. Reportage suivant : mon mari à 25 ans de plus que moi. Outch.

J’éteint. Ambiance deux doigts dans la gorge.

Mais que fait le CSA ?

Il met du flou devant les clopes, impose deux heures de répits aux candidats de Secret Story et il interdit le porno à la TV.

Une démarche de protection et de préservation donc. Lorsque le CSA censure, c’est pour notre bien.
Mais qu’en est-il de la connerie ?
N’est-il pas plus dérangeant d’aller filmer des gens, chez eux, uniquement parce qu’il ont une vie de merde ? D’un point de vu humaniste, c’est presque criminel et niveau divertissement, c’est juste pervers et profondément malsain. La multiplication de ces emissions pointe une réalité glaçante :

La télévision devient un antalgiques

Une dose pour oublier et « positiver« , rien ne se règle dans la vie de ceux qui ont besoin de ces médiocres petits reportages, mais pour quelques heures ils sont calmés. Drogué, le téléspectateur devient un camé d’un nouveau genre : accro à la misère des autres.

Alors comment classer ces emissions ? Par degré de tristesse ? Il faudrait dans un premier temps définir un ensemble de thèmes dont le traitement en reportage pourrait être réglementé (par exemple, un sujet par an) :

- Je suis gros(se) et je le vis mal, donc je pleure et je bouffe encore plus.
- J’ai une passion qui passe avant ma famille.
- Je suis le sosie de…
- Ma mère est envahissante.
- J’ai raté ma vie donc…
-  J’ai un handicape, donc…
- J’ai un enfant handicapé, venez me filmer en train d’en chier.
- [...] tunning [...]
- [...] Nord de la France [...]
- [...] cocu [...]

Ensuite, on interdit certaines scène :

- Engueulade dans la cuisine.
- Conversation « vérité » avec un couple d’ami.
- Intervention d’une psychologue bidon à domicile.
- Crise devant les enfants.
- Remise en question du couple entre deux allé de supermarché.

Enfin vous voyez l’esprit… S’il y a un truc à censurer, c’est ça et juste ça. Pour rendre la TV un peu plus propre et pousser les gens à se sortir les doigts du cul. À la place, on pourrait passer des pornos. Comme dit mon père, ça fait l’education sexuelle des jeunes.

La censure pour le bien de l’humanité, vous êtes pour ? Vous voulez qu’on en parle ?