Dimanche soir, Le Fumoir, j’attends quelqu’un. Au bar il y a une brune, environ 40 ans. Femme à emmerdes.

La brune à emmerdes : Ne cherche pas. Tu ne m’intéresses pas, moi j’aime les hommes, les vrais.
Guillaume Natas : Pardon ?
La brune : Ne cherche pas à me draguer. J’ai déjà quelqu’un.
Guillaume : Vous avez l’âge de ma mère et vous êtes moins jolie. Et je suis fiancé. Et je ne vous ai pas adressé la parole.
Je détourne ostensiblement la tête, pour lui montrer que je n’ai pas du tout envie de discuter avec elle. Le barman me sert un whisky, sans glace, dans un verre en cristal.
La brune : Fais pas ton timide non plus, on peut quand même faire connaissance.
Guillaume : Non merci.
La brune : Le coup du mec inaccessible. Tu m’as bien analysé. J’aime bien les hommes comme ça, comme toi. Mon truc c’est d’envoyer des lettres à des prisonniers. Mon homme est en prison d’ailleurs. Il a tué sa femme parce qu’elle l’avait trompé.
Guillaume : Et c’est votre homme maintenant ?
La brune : Oui et je le trompe. Ça m’excite de me dire que pour la même chose, il a planté un couteau de cuisine dans le vendre d’une morue.
J’ai vraiment envie que cette conversation s’arrête. Mais mon ami n’arrive pas.
Guillaume : …
La brune : Les prisonniers, ils font pas de problèmes, on se demande jamais ou ils vont, ce qu’ils font et avec qui. Ils voient pas d’autres femmes. Parfois dans les lettres, ça devient vraiment chaud, je leur raconte comment j’aimerais qu’ils me baisent, ce que je leur ferais s’ils étaient avec moi.
Guillaume : fascinant.
La brune : Oui, c’est ce qu’ils pensent aussi. Certains se masturbent sur le papier à lettres qu’ils utilisent pour me répondre. Ça rend le papier tout rigide, craquant… J’adore ça. C’est mieux que du sexe. J’ai des dizaines de noms de prisonniers à qui je dois encore écrire. Je ne serais jamais seule.
Guillaume : …
La brune : Allez, viens, t’as gagné, on va chez moi.
Une fois chez elle, elle commence à se déshabiller, sort de son frigo une bouteille de vin entamée et nous sert deux verres. Je reste immobile sur le pas de la porte.
La brune : un verre de vin dans la chambre ?
Guillaume : non.
La brune : Oh… pourquoi ?
Guillaume : Parce que je ne suis pas là. Je ne suis pas rentré avec vous. Vous êtes seule avec vos deux verres de vin. Notre histoire, comme toutes vos histoires n’ont jamais commencé ailleurs que dans votre tête.
Ce soir-là, la brune a écrit deux lettres.
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Tu attires les tarés, non?
Putain, quand tu arrêtes de parler télé poubelle ou d’abrutis sur le net, t’écris de bonnes choses. Beaucoup aimé, félicitations.
J’aime beaucoup aussi…
Excellent ! Et très peu de coquilles, pour une fois.
Ce soir-là, la brune a écrit deux lettres en disant ses mots à voix haute, et guillaume se masturbait.
cool, le personnage produit son pesant de malaise quand on lit ses répliques. Cette femme est parfaite !
« Guillaume : Vous avez l’âge de ma mère et vous êtes moins jolie. Et je suis fiancé. »
Anéantissement de tous mes espoirs. Donne son adresse, que je la trucide, la fiancée.
Si tu retires la phrase « Je reste immobile etc. », ça risque de faire un excellent article.
Première fois que je viens sur ce site. Découverte de cette article et je dois dire que j’ai bien aimé.
Continuez.
« il a planté un couteau de cuisine dans le vendre d’une morue »
Plutôt « ventre », j’imagine.