Un type : Aujourd’hui, je n’ai plus que le bowling dans la vie.
Il est 23h41, je suis au comptoir d’un bar bien moisi. Celui dans lequel je traine précisément pour les énormités que je peux y entendre. Sauf que cette fois, j’ai entendu une phrase qui surplombe de très haut mes espérances en matière de . Chercheur d’or, je viens de trouver le filon de ma vie. Je pose mon verre, je fais pivoter sur mon siège, toise l’homme de dos qui vient de prononcer ces 10 mots, j’attrape son épaule.
Guillaume N. : Racontez-moi, monsieur. Tout de suite.
Le type se tourne. Il est chauve et porte un t-shirt « France 98″.
Le type : J’ai toujours rêvé d’avoir une boule de bowling à moi. Comme dans les films américains. J’aimais bien le bowling, mais tu vois, quand je devais choisir ma boule, c’était jamais exactement comme il fallait. Parfois je tombais sur une boule trop grosse, parfois sur une boule avec des trous trop petits… Ça me rendait agressif, du coup, parfois, je tapais sur ma gosse.
Guillaume N. : Interessant.
Le type : Un jour j’ai passé le cap, je suis allé m’acheter une boule rien qu’à moi. C’était comme un rêve. Dans le magasin, j’ai pu m’en faire faire une sur mesure. Rien que pour mes doigts. Rien qu’a moi. J’ai pu choisir le poids et la couleur. Elle était jaune, avec des paillettes. Et puis c’était la mienne, neuve, lisse… Rien à voir avec celles qu’on trouve dans les bowlings. Putain, cette boule de bowling, c’était quelque chose.
Guillaume N. : Et ensuite ?
Le type : J’ai beaucoup joué avec. Il fallait la « rentabiliser ». Le vendredi, c’était bowling, le samedi aussi. Tu sais que le bowling c’est plus cher le Week-end ? C’est des salops. Ça commençait à me couter cher. Mais j’avais une carte de fidélité. Toutes les 10 parties, j’en avais une gratuite. J’ai arrêté de m’occuper de ma gosse. Ça avait pas l’air de lui manquer.
Guillaume N. : Ah oui.
Le type : À la fin, j’étais sur le tableau des hi score de chaque piste. Jamais en premier. En premier, c’était toujours le même : Nicolas. C’était tendu entre lui et moi. Il avait plus d’argent, il jouait plus. Une fois je l’ai vu dépenser plus de 50 euros en une soirée. Le malade. Je pouvais plus suivre.
Je n’ai jamais rien entendu d’aussi chiant que cette histoire. C’est un délice.
Le type : J’étais prévoyant. J’avais un livret A pour les études de la petite. Mais elle était pas très « école » alors j’ai sorti un peu pour le bowling. Juste un peu. Puis tout. Mais il fallait que je sois en tête, au moins une fois. Et puis il y a eu cette fameuse nuit.
Guillaume N. : Je veux savoir.
Le type : On était sur des pistes à côté, Nicolas et moi. C’est-à-dire qu’on utilisait le même retour de boule. Moi je jouais avec ma belle boule. La mienne. Sauf qu’à un moment, Nicolas l’a prise. Ma boule. Et il a fait un strike avec. Putain j’aurais préféré le voir baiser ma femme.
Guillaume N. : Merde…
Le type : J’ai attendu que la boule revienne et je lui ai fracassé le crane avec. J’ai pris trois ans. Je viens de sortir. Ma femme est partie. Avec un mec qui s’appelle Nicolas. Pas le même, pas celui de bowling. Mais j’ai plus rien. À part le bowling.
Magnifique.
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Excellent!
Parfois, tu me vends du rêve. là, tu m’en vends ‘achement beaucoup.
Où est-ce que tu vas chercher tes délires?
En trois ans de prison, il a dû perdre la main au bowling, c’est dommage pour le bowling.
» je fais pivoter sur mon siège » essaie » je fais pivoter mon siège.
L’histoire me fait beaucoup penser à la confrontation entre John Goodman/Walter Sobchak et John Turturro/Jesus Quintana dans le Big Lebowski.
Quelle classe !
? tu peux développer un peu svp ?
En fait Guillaume, dans la vie y’a différent types de gens.
Perso, quand je suis un peu de mauvaise humeur, j’aurai tendance a classer au même niveau le mec qui abandonne sa gosse et le mec qui fait un blog pour raconter la vie de merde d’un type qu’il a croisé dans son bar miteux (qu’il fréquente justement pour avoir le droit de faire ce genre d’article).
Dans les deux cas, c’est deux cons un peu paumé qu’il faut vraiment plaindre.
Je viens un peu de bruler mon port 80 a force de lire des trucs sur toi, mais conseil : Change de vie, tu fais vraiment très peur.
Laisse mon ton adresse paypal que je t’envoie un peu d’argent.
Tu peux recharger des crédits avec ton nokio imfho
Je ne sais si ce connard fait bel et bien partie de notre monde ou si il n’est que le produit de ton imagination ou bien encore si il est un subtil mélange des deux mais une chose est sûre, il égaye ma nuit. Tandis que j’entends les cons (oserais-je dire cloportes) klaxonnant afin d’exprimer la liesse générale après un match de foot, je me dis que ce qu’il y a encore de plus censé c’est l’absurde. J’aurais tellement aimé que les footballers aient eu à shooter dans une boule de bowling et qu’un ballon ait surgi à pleine vitesse du t-shirt france 98, du connard en question pour qu’il lui endolorisse violemment le visage. Enfin bon, gageons que les supporters emportés soient animés par autre chose que par leur putride fierté nationale, prolongement pathétique de leurs égos…En mal de puissance ? En mal de sens ?
Sur ce je m’en vais joyeusement prendre un bain de mon propre sang en écoutant du cradle of filth : http://www.youtube.com/watch?v=hcVdOWtaxN4 (pour ceux qui ne connaissent pas, leurs clips sont à se pisser dessus tellement ils sont drôles :D) tout en caressant mon fidèle corbeau avec mes ongles vernis de noir ^^ :D
Exemple typique d’un jeune en manque de repère qui se cherche une identité en critiquant notre société pourrie et son mouton moyens fan de football. Lui il est loin de tout ça, c’est un rebel ! Pourtant il eprouve quand meme le besoins de se rattacher à un groupe en s’habillant et se maquillant tout en noir (chose qu’il eprouve le besoins de partager dans son commentaire alors que tout le monde s’en branle). Pour couroner le tout il partage avec nous son gout pour les groupes de metal de merde et les corbeaux (alors qu’une foie de plus tout le monde s’en contrefout). Quelqu’un a trouvé plus cliché ?
Les fautes d’orthographe dans les commentaires !
Quand tu sauras percer les mystères du second degré tu mériteras le pseudo que tu t’es alloué. Je pensais que c’était assez évident mais visiblement, il y en a à qui on ferait mieux d’apprendre à décoder les implicites. Lorsque que je dis qu’ils sont drôles, c’est tout simplement parce qu’ils sont ridicules et que ce groupe fait de la musique à chier. De plus mon commentaire me faisait furieusement penser à ce que pourrait dire un connard d’asocial sans aucun recul face à son humeur dépressive. enfin bon…
En ce qui concerne les fautes d’orthographe, il a quand même une excuse une excuse, Socrate n’a rien écrit, c’est Platon et Xénophon (merci wikipédia)qui faisaient tout le boulot. Alors bon on peut lui pardonner, il a pas besoin de savoir écrire.
Tu regarderas mon pseudo, te rendra compte qu’il y a un S et refera une recherche sur wikipedia. Il n’a pas ecrit grand chose non plus.
En tous cas ce personnage me fait plus rêver qu’une star de cinéma hollywoodienne ou une diva du r’n'b :D. Il est tellement improbable qu’on se sent partir loin dans l’imaginaire. On est traversé d’un effroi pétrifiant.
le moins qu’on puisse dire Guillaume c’est que tu as croisé un sacré numéro. Mais les gens comme ça prennent de plus en plus de place, je pense même que quand tu en entend parler c’est qu’il y en a déjà de trop. Néanmoins à t aplace je me serais gavé aussi.
Si tu es comme ça dans la vraie vie mon guigui d’amour, je suis inquiet. Tu ne sais pas tenir une conversation avec plus 4 mots d’affilée. Ta rhétorique manque de couilles. Ou alors tu essaies de tout remettre en forme et tu ne sais pas faire. Si c’est le cas, je te conseille d’aller à AB, ils recherchent des gens comme toi – tu pourras te payer des cours de branlettes.
Je bisoute tes pieds sales.
J’ai presque pitié de ce pauvre type me demandant comment il a pu en arriver là… C’est affligeant de se rendre compte qu’il y a des gens qui tapent leur gosse, qui frappent quelqu’un pour une boule de bowling. Sérieusement, ça me fait flipper, cette histoire!
Exquis !