J’ai interviewé Roman P.

Dans le cadre de mes vacances en Suisse, j’ai fait un détour par le chalet d’un réalisateur, en vacances, lui aussi. Je me suis permis de lui proposer une petite interview, il avait l’air d’avoir du temps…

Guillaume Natas : Bonjour Roman, je me suis un peu renseigné sur votre enfance, on peut dire que vous êtes une sorte de privilégié.

Roman P. : Au début, tout allait plutôt bien en effet, je suis né à Paris puis ma famille et moi sommes partis en Pologne, c’est un beau pays… Ensuite il y a eu la guerre et ma mère a été déportée à Auschwitz où elle est morte, je n’avais pas 10 ans.

G.N. : Ah oui ! Donc vous avez très vite pu profiter de cette indépendance dont rêvent tous les gamins. Moi à 10 ans, ma mère me disait encore comment m’habiller !

R.P. : C’est vrai que j’étais assez libre, mais la perte de ma mère fut une épreuve, et vivant dans le ghetto de Cracovie, j’avais peu de personnes sur qui compter pour me remonter le morale…

G.N. : Bon, trêve de pleurnicheries, vous sortez de là et intégrez une troupe de théâtre en 1946, puis obtenez le premier rôle d’une pièce qui fera un carton !

R.P. : Tout à fait, cette pièce « Le Fils du Régiment » sera mon premier succès et me permettra de jouer pour la première fois au cinéma. D’ailleurs j’intègre quelques années plus tard l’école de Cinéma de Lodz.

G.N. : Je ne sais ce qu’est Lodz, mais ce que je sais c’est qu’avant ça, vous avez raté votre BAC polonais et avait été viré des beaux-Arts ! Vous vouliez nous cacher ces détails, Roman ?

R.P. : Non non… Mais… Ce n’est pas très important dans ma carrière je pensais que…

G.N. : Oui, oui, bon. Votre premier film « Le Couteau dans l’eau » est un flop en Pologne…

R.P. : En effet, mon pays natal n’a pas vraiment apprécié ce long-métrage mais il à beaucoup plus à l’international et…

G.N. : Merci. On peut dire que vous êtes toujours là quand il s’agit d’évoquer vos réussites. Vous allez ensuite vivre à Londres où vos films remportent un franc succès. De belles années pour vous ?

R.P. : Oui on peut dire ça. J’ai ensuite fait mon premier film pour Hollywood.

G.N. : Encore une sacré chance ! Alors c’était comment Hollywood ?

R.P. : Vous savez très bien que ma femme y a été assassiné par les larbins de Charles Manson quelques jours avant d’accoucher… Vos questions sont déplacées.

G.N. : Ne dramatisons pas trop… Vous n’avez rien eu, c’est le principale. Vos films continuent à plaire, vous êtes reconnus et apprécier, que demander de plus ?

R.P. : Après cet événement, mes films sont des échecs, je vais mal et traverse une grave dépression… Jusqu’à Chinatown, ma plus grande oeuvre selon certains. Après quelques autres films, je reviens à Paris pour…

G.N. : Pour fuir la loi Roman, vous allez faire m’impasse sur l’affaire Samantha, que vous avez violé alors qu’elle n’avait que 13 ans ?

R.P. : C’est une vieille histoire et j’ai été en prison pour ça, Samantha elle même veut qu’on l’oublie aujourd’hui, c’est pourtant…

G.N. : Tatata Roman, c’est trop simple ! Vous n’avez fait que 45 jours de prison ! Vous vous êtes évadé ?

R.P. : Non, j’ai été libéré sous caution et j’ai ensuite rejoint la France…

G.N. : Pour fuir Oncle Sam… Ce n’est pas très beau Roman.

R.P. : Je sais, mais j’avais besoin de continuer à travailler, cette histoire est une erreur, mais il fallait que j’avance, c’est ce que j’ai toujours fait dans ma vie.

G.N. : Mais finalement la justice a eu raison de vous et on vous à pincer alors que vous vous rendiez à un festival de cinéma pour recevoir des honneurs ! Samantha doit être heureuse d’avoir sa vengeance.

R.P. : Non, Samantha implore que l’on oublie cette histoire. Elle avait même écrit une lettre au jury à l’académie des Oscars pour leur rappeler qu’ils devaient juger mon oeuvre et pas ma vie, concernant le film : Le Pianiste.

G.N. : Essayez-vous de me dire que c’est injuste ? Qu’il faudrait considérer qu’en tant qu’artiste de renom ayant eu quelques drames dans sa vie, il faudrait oublier une histoire vieille de 40 ans et dont la victime ne veut plus entendre parler ?

R.P. : Oui. Je suis aujourd’hui la cible de procureurs américains qui m’utilisent pour faire campagne.

G.N. : Vous divaguez mon pauvre, les procureurs ne font pas campagnes !

R.P. : Aux USA, si. L’un d’eux a affirmé qu’il me ramènerait  »Dead Or Alive« .

G.N. : Ahhh… J’ai toujours eu de la tendresse pour le folklore Américain, pas vous ?

R.P. : Non Guillaume et maintenant, j’aimerais que tu me laisses…

G.N. : Vous n’êtes décidément pas à l’aise lorsque l’on aborde vous grosses bêtises ! Au revoir Roman et à bientôt. Et j’aime beaucoup votre bracelet !

R.P. : Oui c’est ça, au revoir. Et c’est un bracelet électronique, je suis assigné à résidence.

Guillaume Natas, pour Trimtab.fr

Courage Roman