Greg le CM va au Burning Man
Il y a quelques années, des amis à moi devenaient la première communauté organisée de parisiens fans du Burning Man. C’était encore assez intimiste en France, je les ai suivis de loin s’éprendre de ce festival et de ses coutumes. Ça avait au moins, à l’époque, le mérite d’être original.
Quelques années plus tard, j’entends parler du Burning Man partout.
Burning Man, pour ceux qui n’ont pas encore été contaminés, c’est un rassemblement de 5 hippies sous LSD qui a mal tourné.
Aujourd’hui, c’est une immense ville éphémère construite chaque année, à la fin de l’été, dans le désert du Nevada, pendant une semaine. À la fin, il faut tout laisser bien propre. Entre temps, les « burners » – du nom donné aux joyeux participants – font des trucs artistiques plus ou moins réussis et de plus ou moins bon goût.
L’art est très important à Burning Man, comme dans la vie des hippies en général. Ces gens-là sont tous artistes ; d’ailleurs leur vie en elle-même est une oeuvre d’art. C’est pour cela qu’ils n’ont en général pas de travail. Mais je m’éloigne du Nevada. A Burning Man, donc, le moindre pâté de sable est conçu par un type sous LSD et devient pour tous ses amis une incroyable source d’inspiration.
Certains diront que c’est le plus grand rassemblement de drogués du monde. Humaniste, je préfère parler de gens perdus qui se cherchent. Dans le désert. Ok, ce mec danse nu avec des parapluies.
Voilà le côté pile : les aspects positifs du festival. Côté face, le Burning Man est sale et cher. Sale parce qu’il n’y a pas d’eau dans le désert et qu’il est plus important de faire de l’art avec son caca que de se laver, et cher parce qu’à moins d’habiter à côté du Nevada, il va falloir raquer pour venir et pour vivre là-bas.
Alors forcément, à un moment, il a bien fallu que toute ces conneries arrivent aux oreilles des Parisiens ! Et à Paris, pour le cadre dynamique, c’est devenu très branché d’aller y faire un tour de temps en temps ! Bah oui, tu comprends : « C’est un truc de fou le Burning, ça te change… »
Convaincu de sa légitimité dans ce festival, le néo-burner va essayer d’évangéliser ses collègues d’open-space. C’est l’occasion pour tous ces gens banals de se permettre quelques excentricités, comme se foutre à poil, porter du rouge, ou un chapeau rigolo. Voire les trois en même temps.
Le problème, c’est que le snobisme par « le cher et le loin » est totalement incompatible avec les valeurs premières de Burning Man : de l’humilité, une vraie démarche artistique, un laisser-aller(ambiance naturiste). J’imagine à quel point nos bobos-parigots doivent faire tache là-bas. Surtout ceux qui ne parlent pas anglais !…
Burning Man commence, apprêtez-vous à quelques jours de tranquillité avant le retour des néo-burners, qui ne manqueront pas de pourrir un peu plus notre rentrée avec leur debriefing et réflexion philosophique sur le concept et leur expérience.












LOL
De toute façon, moi, je suis pyrophophe…
Salut mon Guillaume,
Alors, tu le sais bien, d’habitude, je suis d’accord avec toi. Mais là, bah, étonnement, pas le moins du monde. Pour plusieurs raisons : pour commencer, parce que je vais moi même à Burning Man, et que je pars avec une communauté de Burners qui font ce festival depuis 7-8 ans. Des personnes qui n’ont rien de hippies, qui ne partent pas là bas parce qu’ils sont perdus. Les gens que j’ai eu (je vais le dire, même si ça fait pompeux) l’honneur de rencontrer pour préparer ce voyage (parce que, oui, ça se prépare un Burning Man) sont tous des gens propres sur eux, parfaitement intégrer à notre société, et, je dirais même, beaucoup plus gentils et avenants que la grande majorité de nos concitoyens.
Mais revenons rapidement sur les origines du Burning Man.
C’est en 1986 que Larry Harvey et Jerry James construisent avec l’aide de quelques amis une statue en bois anthropomorphe qu’ils érigent le 21 juillet sur Baker Beach, une plage de San Francisco, pour y mettre feu. Lorsqu’ils le font, la foule présente sur la plage se rassemble, devenant un espace social. Il fut décider de récidiver l’année suivante. Burning Man était né.
En 1990, le « Man » atteignait 12 mètre de haut, et la foule ne cessait de grandir. Cependant, un policier interdit à Larry et Jerry de brûler le « Man ». La foule insulta copieusement les organisateurs, qui ne faisaient que se plier à la loi.
Ils tinrent alors conseil. Les badauds qui s’amassaient sur Baker Beach pour l’événement n’étaient pas vraiment partie prenant. Ils se contentaient d’assister à la mise à feu, tandis que Jerry, Larry et les deux autres organisateurs donnaient vraiment de leur personne pour mettre en place ces festivités. Pour forcer les spectateurs à devenir participants, ils décidèrent de transporter le Man dans un endroit isolé, le Black Rock Desert, au beau milieu du désert du Nevada, et d’y mettre feu la veille du Labor Day, le samedi précédent le premier dimanche de septembre.
Burning Man n’est pas un endroit dénué de règle, contrairement à ce que tu laisses entendre. Placer l’événement dans le désert, dans des conditions de vies relativement extrêmes, avec pour but d’instaurer de fait les règles qui en étaient le fondement. On y retrouve notamment : Radical Self Expression, Self Reliance, Civic Responsability, Leave No Trace (sans doute la plus importante). Pas de spectateurs, seulement des particpants. Not « them », but « us ».
Le festival n’est pas sale. Chaque personne doit donner 10% de son temps sur place à aider à l’organisation du festival. Que ce soit en accueillant les nouveaux venus, en nettoyant les toilettes et les douches, en cuisinant pour son camp, en déplaçant les véhicules enlisés dans la boue (il arrive qu’il pleuve pendant le festival)… Les exemples sont nombreux. Et le fait est que cela marche. Le dernier mort à déplorer, c’était il y a 3 ans. Un suicide.
Revenons également sur ton argument de : « Burning Man », c’est cher, et « ça va à l’encontre de l’idée du festival ». Déjà, Burning Man n’est pas un festival écolo, contrairement à ce que pensent les gens. C’est un festival « responsabilisant ». On ne te demande pas de ne pas laisser de trace, on te l’impose. Tout en te laissant vivre. Et ça n’est même pas un paradoxe. Le principe premier du festival est de s’impliquer dedans. S’il s’agit de devoir faire le trajet depuis Paris pour que ce soit le cas, c’est une très bonne chose. Ensuite, et parlons du prix en lui même : Perso, pour aller 2 semaines sur places, en faisant un arrêt à San Francisco, en passant par le Yosemite, en louant un RV, et en comptant les billets d’avion, j’en ai pour 1700€. Le moindre séjour aux États-Unis te reviendra, peu s’en faut, au même prix. Non, pardonne moi, mais ça n’est pas cher.
Enfin, notons qu’une fois dans le festival, rien n’est payant. Cela inclus les shops, la nourriture prodiguée par ton camp, les nombreux « gifts » que se font les participants entre eux, mais également les concerts (et crois moi, il y en a des tonnes). L’année dernière, il y avait Nit Grit ou encore Chemical Brothers. Cette année, Sphongle, Hallucinogen, Bass Nectar, ou encore Infected Mushroom seront de la partie, et ils en seront de leur poche puisque le festival est spontané, il n’invite donc personne.
Bref, il faudrait vraiment voir à revenir sur tes idées reçues du « Burning Man, ce truc de hippies ». Et pour les Parisiens qui ne parlent pas Anglais, s’ils sont un minimum ouverts, je suis persuadé que tu n’as pas à t’en faire pour eux. Après tout, l’un des principes du festival, c’est justement la « Self Reliance ».
TL;DR
« Le dernier mort à déplorer, c’était il y a 3 ans. Un suicide. » -> une forme d’art bien particulière.
Commentaire tout aussi intéressant que le billet m’a fait sourire :)
Tu illustres parfaitement le propos du billet.
Belle démonstration :-)
Too long, didn’t read lol!
ranafout’, ça s’adresse pas à toi, sale troll. #Amour
Tiens, je te propose même de te faire un résumer de Burning Man à mon retour ! 100% objectif, promis.
Pourquoi le site du podcast Blackroom nous amène sur ce site svp ?
Le fait que Burning Man figure dans le dernier bouquin de la Nothomb ne va pas franchement arranger les choses.
Article de merde, pondu par un bobo qui pense que les autres sont tous des bobos. Logique. Va te faire masser.
MAis oui tu as raison ! il ne faut pas y aller c est sales et pleins de gens perdus au fond du desert ! Heureusement que tu nous préviens de tout ça tu imagine la désillusion si on y avait été ! 1000 Mercis !
Spice de rigolo du dimanche lol )
L’apologie de la connerie, saturée d’acide mais avec une plume dans le cul (de paon la plume ça change tout)!