Chronique du ridicule (fiévreuse)

Je suis jaloux, incroyablement jaloux.

C’est par amour que toutes les demi-heures, j’envoie un texto à mon aimée, lui demandant ou elle est, ce qu’elle fait et avec qui…

Ce soir, elle n’était pas avec moi, elle sortait avec lui.
J’avais peur, peur qu’il la touche, lui donne la main, rigole avec… qu’il me la vole.

Alors, je l’ai appelé une fois, mais elle n’a pas répondu, puis j’ai rappelé, toujours rien. J’ai fait un texto, puis un autre et encore quelques-uns. Elle doit savoir que je pense à elle, qu’elle compte pour moi, qu’elle est ce que je n’aurais jamais pensé avoir. Je ne dois pas la perdre. Je rappelle, elle répond. Elle semble ailleurs, elle est pressée. J’ai peur, j’ai de la peine, une boule dans le ventre et dans la gorge. Je lui en veux et je lui fais la tête. Je lui rappelle par texto que je suis fâché. Je suis incroyablement pathétique. Elle ne répond pas.

Aujourd’hui, je lui ai envoyé plus d’une quarantaine de textos, je l’ai appelé quatre fois. La deuxième fois, elle semblait heureuse de me parler, les autres, moins, mais elle doit savoir que je tiens à elle, qu’elle est ma fierté, qu’elle est plus belle que la petite amie de mes amis.

Je ne trouve pas le sommeil. Où est-elle ? Que fait-elle et avec qui ? Est-il encore là ? Et d’abord, qui est-il ? Je regarde son profil facebook, il me fait peur. J’envoie à ma copine un dernier sms avant de dormir. Puis un autre. Elle ne répond pas. Elle doit dormir, peut être avec lui.

Je n’ai plus confiance en moi, je n’ai jamais eu confiance en moi. Si j’étais capable de l’admettre, je serais plus heureux, je ne ferais plus d’erreur. Je ne sortirais pas avec elle. Ce serait plus simple, je n’aurais pas peur.

Dans mon village, il y a une petite esthéticienne, elle est jolie, même si elle a quelques boutons. Je serais bien avec elle, ce serait simple. Nous aurions un pavillon, un labrador et quelques enfants. Nous nous enverrions des SMS, elle serait heureuse d’avoir de mes nouvelles. Ce serait tellement simple.

Mais ma copine, ma femme, c’est Marine et quitte à y perdre tout mon amour propre, je ne la laisserais pas s’envoler, jamais.

Si elle me plaque, je ne la lâcherais pas, jamais. Je lui ferais des SMS à longueur de journée, je poserais des ultimatums auxquels elle ne répondra pas et je continuerais à lui décrire mon chagrin, car c’est sa faute si je suis triste. Et quand je l’insultais, ce n’était pas moi. Sans amour propre et sans classe.

Mais je continuerais, car je sais que jamais, je n’en trouverais une autre comme ça.