Salut paysan,
Aujourd’hui, j’aimerais te parler d’un phénomène tout à fait intéressant, à côté duquel tu n’as pas pu passer. Je l’ai appelé le syndrome de Chuck Bass. Mais avant de te l’expliquer, laisse moi te raconter un peu ma vie.

Quand j’étais encore un jeune garçon, j’aimais les films d’horreur, j’en regardais plein, tout le temps mais j’avais une particularité.
Laquelle ? te demandes-tu, paysan.
Et bien figure-toi que j’étais toujours du côté du méchant. Je me rappel en avoir retiré beaucoup de frustration car pour moi, les films se finissaient toujours très mal.
Je me souviens de la peine que j’avais pour Chucky à chaque fois que la petite poupée prenait un gros tarif dans sa gueule, quand Mickael Mayer se faisait décapité ou quand un syndicat de mère de famille en furie montaient un plan pour tuer Freddy Kruger. À l’époque, j’étais le seul dans cette situation, personne ne comprenait, alors mère m’envoyait voir des psy et des trucs du genre et père trouvait ça amusant et avait dit au mec du vidéo-club de me laisser prendre les films interdit aux moins de 16 ans.
Bref, voila pour « la petite histoire« .
Ensuite est arrivé Chuck Bass, le Grand-Méchant-Loup plein aux as, bien sapé, qui fait rien que de pécho des filles dans sa limousine et tout a changé.
Car toi, paysan, quand tu as vu ça, tu t’es dit « BON SANG MAIS C’EST BIEN SUR ! MOI AUSSI JE VAIS ÊTRE MICHANT !« .
À l’époque ou les méchants de séries et de films étaient vraiment détestable, avaient des sales gueule et un gros pif, une telle situation n’aurait pas été possible. Mais aujourd’hui, c’est claire, les salopards ont la classe, et Chuck n’est pas le seul, pensez à Dr. House, au Joker dans Dark Night ou encore ce cher Dexter…

On a alors vu apparaitre un nouveau genre : les faux-méchant. Ces personnes, avec un petit problème de confiance en eux, qui s’affirment auprès des autres en s’identifiant aux personnages de films/séries du moment, sont soudainement devenus « méchant » ou « sans pitié« .
C’est souvent assez amusant à regarder, quand une espèce de dandy gothique te défend, avec un jeu de regard sur-joué, que sa méchanceté n’a d’égal que la noirceur de son âme, ou même, comme cela m’ai arrivé récemment, qu’un petit bourge du XVIème, affirme, en payant sa part de l’addition dans un café « I’m Chuck Bass« . C’est rigolo de voir la recrudescence du mot « Joker » dans les pseudos ou d’entendre « Every Body Lie » de la bouche d’un nabo qui ne boite même pas !

L’Uper East Side n’est pas à la porté de tous et si ceux qui s’identifiaient hier à Superman ou aux Tortues Ninjas préfèrent aujourd’hui Chuck ou le Dr. House, ce ne sera pour eux qu’une nouvelle source de frustration. « Être désagréable » étant un choix relativement lourd à assumer : on s’en prend plein la gueule, les gens ne vous aiment pas (mais ça marche bien avec les filles). Passer de Parker Levis (Qui ne perd jamais) à Chuck (Qui a perdu père et mère en moins de deux saison…) est un choix lourd de conséquences, surtout pour quelqu’un de fondamentalement gentil (oui, je parle de toi.)

Mais le syndrome de Chuck Bass est en train de trouver son remède… Dans les dernières saisons des séries citées, Chuck devient gentil, House comprend que le cynisme est une vilaine maladie et accepte de voir un psy, Dexter s’humanise et le Joker est doublement mort. (désolé pour les spoils.)
L’air du grand méchant loup est donc en agonie. Moi je suis content, je vais pouvoir recommencer à soutenir les méchant en secret.