Critique Dithyrambique

Les intouchables > Le téléthon

Je déteste les comédies, je déteste les histoires mièvres et je déteste qu’on essaye de me faire chialer au cinéma.
C’était pas gagné pour Les Intouchables, de Eric Tolédano et Olivier Nakache (Nos jours heureux, Tellement proche, …) qu’on m’a invité – parce que je suis influent – à découvrir l’autre jour.

J’ai été bouleversé. Ça fait un peu chier, parce qu’en général, je suis pas vraiment émotif et en même temps, c’est plutôt agréable de vivre quelque chose au cinéma.

Les Intouchables (les réalisateurs n’ont pas été chiés de nous expliquer ce titre, ça doit être une private-joke), c’est l’histoire d’un milliardaire tétraplégique – mais bonne ambiance – qui embauche un type de banlieue sortant de prison comme aide à domicile. Le légume, c’est François Cluzet et le black branleur-mais-gentil, c’est Omar Sy.

Ils sont parfait.

Le simple fait que je me casse le cul à écrire un billet qui parle d’autre chose que de moi devrait suffire à vous convaincre du caractère tout à fait exceptionnel de ce film.

C’est vrai que les handicapées sont en général assez amusant et facétieux, mais celui-là, croyez-moi, c’est de l’handicapée de compet’, un vrai bout-en-train.

Du côté de Omar Sy, il fait un peu la racaille quand même au début, j’étais pas très à l’aise…

Un film sincèrement drôle, qui ne tombe jamais dans le pathos et qui subtilement, sait se rendre émouvant à la fin, c’est la WIN.

Donc soyez des gagnants et allez-y.

Sortie le 2 novembre 2011.

Merci à Gaumont pour l’avant première !

Posté le par Guillaume Natas dans Critique Dithyrambique 16 Commentaires

Vive Secret Story !

Cette année, j’ai une bonne nouvelle, j’ai décidé que Secret Story allait être branché. Inondant le web et Paris de mon influence, je me permets d’inverser dès maintenant une tendance qui a selon moi beaucoup trop duré : Snober et critiquer Secret.

Alors qu’il faut bien être honnête, c’est le Real-TV Show le plus hallucinant du monde.

Secret Story ne fait aucune des erreurs du genre.

Loft Story et ses clones étaient chiants car très passifs. Les candidats semblaient subir l’émission et l’enfermement n’avait aucun sens à part celui de distraire un peu. Secret Story c’est l’inverse, la recherche des secrets suffit à justifier tout ce qui peut sembler immoral ou même inhumain. La maison des secrets est une arène dans laquelle les candidats se battent pour de l’argent mais surtout pour la vérité. L’image est forte mais fait indéniablement vibrer une corde que nous connaissons tous. Qui n’a jamais retourné ciel et terre pour connaitre un secret ? (D’ailleurs, savez-vous qu’il existe toute une partie cachée sur Trimtab ?)

Ensuite Secret Story est très esthétique. A peu près tout est beau dans cette émission. Le décor, bien que kitsch à crever, est à chaque fois surprenant et soigné. C’est pas cheap, ça fait faux, mais assumé. Les candidats aussi sont beaux globalement. Jamais de laiderons, ni même de gros. La production ne prend aucun risque, ils sont tous prêts à faire la couverture de Public.

Exclusivité aussi dans le milieu de la Real-TV, Secret Story est drôle et très second degré. Le personnage de La Voix en est l’illustration. C’est totalement grotesque comme idée d’appeler une voix-off La Voix. Une pierre deux coup. Beaucoup d’humour et d’ironie tant dans le concept que dans les idées de scénario développées chaque année par la production. Je me souviens qu’une année, une cible avait été peinte sur le sol, il était considéré comme une faute très grave de marcher dessus. L’année dernière, trois candidats avaient passé une semaine entière dans 10 m² avec, comme seule distraction, l’obligation de regarder les autres s’amuser. C’est très drôle toute ces idées, c’est original et juste méchant comme il faut…

Alors délions les langues et admettons que Secret Story est loin d’être un programme débile. Il est porté, certes, par un certain nombre de décérébrés, car il en faut partout, mais quel programme peut se vanter d’avoir un impact aussi important sur les médias et même la vie quotidienne des gens ?

Celui qui cherche les secrets en fouillant la skyblogosphère, celui qui hurle haut et fort que JAMAIS il ne regardera cette connerie mais qui rêve secrètement de pénétrer un jour dans la maison des secrets, celui qui achètera Closer pour connaitre « Les secrets les plus secrets de tous les secrets de la maison des secrets », chacun participe à sa façon à ce rendez-vous de l’été.

Cette année, soyez in et assumez, je vous en donne le droit, je vous en donne l’ordre.

C’est tout, pour le moment.


Corrigé par Antoine (qui n’a jamais regardé Secret Story et qui n’est toujours pas près de le faire)

Posté le par Guillaume Natas dans Critique Dithyrambique 30 Commentaires

Cinq mois pour découvrir Fringe

Pour les séries TV, le mois de mai c’est la visite annuelle chez le véterinaire. Soit tout va bien, et on repart pour un an, ou alors c’est l’euthanasie. Par exemple, les Desperate Housewife, depuis qu’elles sont ménopausées ne font plus bander personne et méritent donc la piqure.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de Fringe, alors que je viens de déguster le dernier épisode de la saison 3.

Ma première confrontation avec Fringe, c’était chez Galathys. Depuis, ce billet, je m’étais promis, un jour, de regarder cette série. Il m’a fallu plus de 30 épisodes pour comprendre que je n’avais pas perdu mon temps.

Fringe, c’est un peu la suite de X-files, les vrais fans sauront même trouver quelques subtiles références. Quinze ans après, les agents chargés des phénomènes inexpliqués ne sont plus des geeks mais des SCIENTIFIQUES , toujours marginaux. Rien de dépaysant, donc, pour ceux qui avaient abandonné la SF devant la porte du bureau de Fox Mulder.

La saison 1 de Fringe c’est X-files, 15 ans plus tard.

A cette époque, Fringe était pour moi la série qui tournait en arrière-fond, celle que je regardais d’un oeil, quand je faisais trois autres trucs en même temps (comme coucher avec les soeurs de mes amis). J’aurais pu en rester là, mais j’ai téléchargé la saison 2.

Premier générique alternatif. Je pense que tous les fans de Fringe s’accorderont à dire que cet épisode est important, car il est le premier de la série à être vraiment bandant. (S02E16). Je vous laisserais le plaisir de le découvrir en temps voulu. C’est a partir de ce moment là que je me suis dis que j’étais peut-être en train de voir naître une putain de série. Mais je n’étais encore sûr de rien.

Quelques mois plus tard, j’assistais au Season Final de la saison 2. Exceptionnel. Après deux saisons plutôt plates et répétitives, Fringe offrait a ses fans, de la SF pure, délicieuse, juste comme j’aime.

La saison 3 fût aussi à la hauteur. Exit les épisodes cloisonnés. On découvre très vite un longue et passionnante histoire, avec en toile de fond, les codes de la SF, maîtrisés. C’est rare.

La saison 4 arrive en septembre. Il y a quelques mois, je regardais Fringe d’un oeil, aujourd’hui, je sais que je vais avoir du mal a patienter 4 mois.

Lancez-vous.

Bulletin de notes :

I want to believe : ★★★★★★ 
She need sex : ★★★★★☆ 
He just want a father : ★★★★★★ 

Infos pratiques :

Fringe
réalisé par J.J Abrams

Posté le par Guillaume Natas dans Critique Dithyrambique 10 Commentaires

V pour Vendetta (Version papier !)

En tant qu’amateur de comics book, j’ai un peu honte de ne vous parler de V pour Vendetta qu’aujourd’hui alors que l’oeuvre a plus de 22 ans…

Le truc c’est que j’ai trouvé l’adaptation au cinéma de V For Vendetta chiante à crever et qu’il m’a fallu plusieurs années pour trouver l’envie d’acheter l’édition papier… Je suis passé à l’acte jeudi dernier. J’ai vraiment bien fait.

Retour rapide sur l’histoire : V est un terroriste à part. Dans un monde ou la culture a été bannie, il signe ses attentats de quelques citations littéraires et d’une rose. On lui découvre un passé obscure et passionnant, un masque emblématique et une romance ambigüe avec une jeune femme au bord du gouffre. Au final, il mène l’Angleterre à ce qu’on pourrait bien appeller une révolution.

Au final, ce qui est marquant dans V For Vendetta, ce sont plus les scènes, brillantes, que l’histoire dans sa globalité, qui sans manquer d’intérêt, n’est pas non plus très originale.

Des tirades cultes, de la poésie, pas mal de violence et un méchant charismatique et admirable, c’est déja une bonne base ! Mais V pour Vendetta dépasse très vite la petite histoire de SF pour nous plonger dans une vraie aventure d’anticipation digne des plus grands (j’ai plus pris mon pied qu’en lisant 1984).

Alors V For Vendetta a le niveau d’un bouquin… d’un très bon bouquin et même si c’est le cas de pas mal de comics book, ça reste assez rare pour être applaudi ! Jetez-vous dessus, oubliez le film et ses longueurs. Le comic book est un support exceptionnel qui recèle de perles et V For Vendetta est une excellente approche du média.

Un reproche que certains feront aux dessins : ils font un poil vieillot. Mais ils sont beaux, vraiment.

Bulletin de notes :
C’est D’Artagnan ?: ☆☆☆☆☆☆ 
C’est le Joker ? : ☆☆☆☆☆☆ 
C’est un chef d’oeuvre ? : ★★★★★★ 

Infos pratiques :
V pour Vendetta

Delcourt
30 euros l’édition Intégrale

Posté le par Guillaume Natas dans Critique Dithyrambique, Sanction..., un comics 6 Commentaires

J’aimerais voir crever tous les SDF

J’aimerais qu’un matin, au réveil, ils soient tous morts. En quelques heures, les corps seraient évacués et il n’y aurait plus aucun SDF à Paris. Plus aucun.

Depuis des années maintenant, leur présence me pèse chaque jour un peu plus, j’aimerais que ça s’arrête.

Quand on croise un sans-abri, parfois, on l’ignore, c’est l’attitude la plus simple et la plus confortable, celle que je me suis longtemps efforcé d’adopter. Mais un jour on se laisse atteindre, on se met un peu trop à leur place, et l’empathie, comme un poison, vient nous titiller les artères.

Les SDF me font me sentir minable avec mes priorités futiles, car il n’est pas humain de supporter de passer devant un homme qui schlingue et qui dort dans la rue parce qu’il n’a nulle part où aller.

Quand je sors du métro près de chez moi, j’ai un réflexe : je saisis mon trousseau de clef. Tout ce que j’ai et j’aime se trouve dans ce trousseau : une clef épaisse et complexe pour mon appartement, une clef usb contenant elle-même une clef numérique qui déverrouille mon ordinateur et mon serveur dédié, la clef d’un petit coffre fort… J’existe, je suis un étudiant, je suis un ami, je suis un mec qui réussit, qui est aimé ou envié, détesté ou admiré. Je suis un type qui peut marcher la tête haute.

Et parfois je croise un SDF.

Ce que je ressens, lors de cette rencontre d’un instant, est une sensation semblable à celle que l’on subit lorsque, par mégarde, on se prend à réfléchir un peu trop longtemps à la mort. Mon estomac commence à me faire mal et mes pensées fusent. Tout est remis en question, mon visage se fige et c’est mon statut d’être humain qui s’écroule en quelques secondes.

Les SDF remettent en question tout ce que l’on est, tout ce que l’on fait. Des gens intéressants, interessés, fins, drôles, discrets ou lourds, mais des gens palpables, qui ont un avenir et des envies, qui aiment acheter, consommer, rêver, baiser, faire des plans sur la comètes, dire du mal des autres, écouter des histoires et autant de détails qui nous rendent simplement humains et qui nous font nous sentir vivants.

J’aimerais voir tous les SDF crever pour donner une chance à notre société de repartir à zéro et d’effacer l’ardoise de ses ratés. Lui donner une chance de ne pas crever à son tour sur un trottoir froid en hiver, alors qu’au même moment, certains dînent, rient ou s’endorment.

 

Posté le par Guillaume Natas dans Aisance en Médisance, Chronique Égocentrique, Critique Dithyrambique 57 Commentaires
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 20 21   Next »