Billets Analogues

Rien...

À quoi bon ?

*Guest-Blogging

Cette expression que l’on entend dans les films, que l’on lit dans les livres et que l’on cherche souvent lorsqu’on prétend ne pas trouver ses mots. Alors, j’vous le demande :

À quoi bon ?

À quoi bon se faire bonne pour aller en soirée alors que la lumière sera tamisée et qu’on n’en sera pas moins moche ?

C’est la génération autruche. On se poudre le visage jusqu’à la sensation d’avoir la tête dans le sable pour se sentir ainsi bien cachées. Si une envie de mettre fin a vos jours vous prend une fois la tête en position, il ne vous restera qu’à inhaler très fort. Pour les hommes, c’est un schéma plus « naturel* », qui consiste à se laisser pousser le poil des joues pour se cacher un peu.

Si les femmes se maquillent davantage par rapport aux hommes, c’est qu’une injustice génétique nous a privé du poil de joues. Tant mieux, je n’aime pas les poils. Je préfère les plumes. Je convoite des anges et je baise des coqs, à défaut.

Quant aux hommes qui se maquillent, là, c’est carrément de la triche.

Réflexion faite sur le coin du bar d’une salle des fêtes, à regarder au loin un James, une Céline ou un Romain en se demandant si nous sommes miraculeusement dotés d’yeux télescopiques permettant de les apercevoir de si loin, où si la seule chose télescopique de cette soirée est leur ignorance.

Autant, face a quelques guignols, je fais preuve d’une immense tolérance quant au snobisme mutuel assumé. Autant, mon indulgence explose si David est de la partie.

Il n’en est pas moins qu’à chaque fois que David est là, j’ai soudainement les joues rosées, des cils surdimensionnés, un sourire béat incontrôlé, de magnifiques ongles aux couleurs acidulées qui ont nécessité plusieurs semaines de travail, et un porte-Jarretelles sous ma robe. Je n’explique pas ce phénomène, évidemment naturel*. Quoi qu’il en soit, il me remarquerait sans doute davantage si j’avais une jolie barbe entortillée avec des perles dedans, le charisme d’une femme Jack Sparrow. Mais Dame nature ne nous a pas laissé le choix entre les artifices et le poil de joues.

Il se trouve qu’il ne m’a pas vue. Il doit être occupé. Au moins, j’ai de beaux ongles et je suis inexplicablement bien épilée, et ce, même en sachant qu’au mieux, me saluer lui arracherait la gueule.En réalité, c’est toujours le jour où l’on se néglige qu’on arrive à ses fins, mais ça, il n’y a que Bridget Jones qui l’a compris. Pourquoi la brune collée à lui n’est jamais moche ? C’est car, celle-là, on la voit toujours de loin, et que la mauvaise foi me permet d’affirmer que les dit « yeux télescopiques » présentent parfois quelques défaillances.

Dans le conte de Cendrillon, elle se rend compte à minuit qu’elle a perdu son soulier et que son carrosse en jette moins que prévu. Moi, à minuit, je me rends compte que la seule chose que j’ai perdu c’est ma soirée et qu’il n’y a plus de métro.

Et pourtant, des milliers de gens ont bien plus de compassion admirative pour Cendrillon.

Alors, je vous le redemande, À quoi bon ?

*Surtout, ne pas hésiter à utiliser le mot « naturel », ça fait assumé, classe et humain, on aime.

 

Merci a Maxtine d’avoir choisis Trimtab pour publier ce texte. Vous retrouverez sa plume ici encore quelques fois, avant que comme l’aigle, elle prenne son envol.